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Carte blanche à Mohamed Mbougar Sarr

Samedi 22 juin 2019 à 16h30
carte blanche à Mohamed Mbougar Sarr

Rencontre avec Sami Tchak : plutôt que d’être une œuvre de (ou sur) l’exil, l’écrivain ne montre-t-il pas, dans un sens, qu’aucun exil n’est vraiment possible ?

On associe généralement Sami Tchak à une génération d’écrivains africains dont les livres, aux décors souvent plantés hors de leur continent ou pays d’origine, ont exploré la thématique et l’expérience de la migration.
La matrice de l’œuvre de Sami Tchak se trouve dans la forge de son père, à Kamonda-Bouwounda, en pays tem, au Togo ; mais c’est ailleurs qu’elle a pris forme : en Europe, terre d’accueil (Place des fêtes), dans d’autres pays africains (Al Capone le Malien), mais surtout en Amérique latine, scène de la majorité de ses romans (Le Paradis des chiots ; Hermina ; Filles de Mexico ; La Fête des Masques).

Du Mexique à Cuba en passant par la Colombie, les romans de Sami Tchak montrent des hommes et des femmes aux prises avec la violence, les tragédies de l’Histoire ou celles du quotidien, le sexe, la folie, la mort, mais aussi l’amour.
Autant d’invariants d’une commune humanité dans laquelle toujours, partout, la part de lumière se mêle à la part d’ombre. Plutôt que d’être une œuvre de (ou sur) l’exil, Sami Tchak ne montre-t-il pas, dans un sens, qu’aucun exil n’est vraiment possible ? Ne nous dit-il pas, dans une ruelle de misère de Mexico ou de Bogota, que tout était déjà (et reste) dans la forge de l’enfance, qu’il n’a jamais quittée ?

Peut-être, au fond, que le grand exil de Sami Tchak a été celui dans la littérature. C’est aussi à elle que son œuvre rend hommage.

Né en 1960 au Togo, Sami Tchak obtient en France un doctorat de sociologie après des études de philosophie. C’est comme écrivain qu’il se fait connaître avec une dizaine de romans et de quelques essais littéraires. Son dernier livre publié est Ainsi parlait mon père (Lattès, 2018).

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