Une exposition présentée à la Cité du mercredi 2 mars au dimanche 28 août 2011
Polonia : c’est ainsi que les Polonais désignent leurs diasporas. La Polonia française plonge ses racines dans le XIXe siècle, quand l’Etat polonais a été rayé de la carte par les puissances copartageantes (Russie, Prusse, Autriche). La Grande Emigration suit l’échec de l’insurrection de 1830-1831 et pose les bases d’une présence et d’institutions polonaises qui perdurent jusqu’à nos jours. Mickiewicz ou Chopin appartiennent à cette première vague, patriote et chrétienne.
À la fin du siècle, d’autres causes amènent d’autres immigrés. Des Juifs commencent à quitter les shtetls polonais pour vivre « heureux comme Dieu en France ». De jeunes Polonaises, telles la future Marie Curie et sa sœur Bronia, empêchées d’étudier par les interdits tsaristes, viennent s’inscrire dans les universités françaises. Des artistes rejoignent Montparnasse : la fameuse École de Paris comptera nombre de Polonais.
Pour défendre la France, tant en 1914 qu’en 1939, des Polonais s’engagent dans la Légion étrangère, tandis qu’une armée polonaise autonome permet à d’autres de combattre sous leurs propres drapeaux. Après 1945, des adversaires du pouvoir communiste renoncent à rentrer chez eux ou émigrent à leur tour. De même Solidarnosc trouvera en France un de ses plus puissants appuis.
L’exposition consacre également une partie entière aux ouvriers recrutés sur contrat dans les mines, l’industrie ou l’agriculture, pendant l’entre-deux guerres. Car ce sont les plus nombreux, ceux qui portent la population polonaise en France à son apogée : plus d’un demi-million en 1931, dont une bonne part sont restés en France.
Pourquoi des Polonais choisissent-ils la France lorsqu’ils sont obligés de s’éloigner de chez eux au XIXe siècle ? Parce qu’elle bénéficie à leurs yeux d’une renommée extraordinaire. Paris, ville de la liberté, devient la deuxième capitale de la Pologne. Pendant l’entre-deux-guerres, arrive une autre vague d’immigration, économique cette fois. Affectés dans les mines de charbon, de fer ou de potasse, mais aussi dans la sidérurgie ou l’agriculture, ces ouvriers recrutés collectivement portent la population polonaise au deuxième rang des nationalités étrangères sur le territoire français. Les Polonais contribuent largement à l’effort de guerre, tant en 1914-1918 qu’en 1940 ; ils sont nombreux à participer à la Résistance, ce que l’histoire a longtemps occulté.
Cet article de Janine Ponty, introduction du catalogue de l'expo, revient sur les raisons de l'attrait de la France pour les migrants polonais aux XIXe et au XXe siècles. Lire l'article
Le département pédagogie de la Cité a produit, dans le cadre de l’exposition, une synthèse historique sur l’histoire de la Pologne et de l’immigration polonaise en France. Téléchargez la synthèse
La Cité a fait l’acquisition pour les collections du musée d’un certain nombre de clichés issus du fond photographique de Kasimir Zgorecki, photographe d’origine polonaise installé dans le Nord-Pas-de-Calais, qui a beaucoup photographié les immigrés polonais installés dans sa région dans les années 20-30. Voir les photos
Pour préparer ou pour prolonger votre visite, la médiathèque de la Cité vous propose une série de bibliographies :
Conférence de Janine Ponty, à l’occasion de la sortie de son ouvrage Les Polonais en France, de Louis XV à nos jours (Editions du Rocher). La conférence est accompagnée de la projection du documentaire Un petit coin de France en Pologne
et est animée par Philippe Rygiel,historien, maître de conférence à l’Université de Paris 1. Cette conférence s'est tenue à la Cité le jeudi 16 octobre 2008 dans le cadre de L'UniverCité
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Podcast
La Cité propose un accompagnement pédagogique autour de l’exposition, décliné en quatre documents :
Presse
Mécénat
Marchés publics
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