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Bukhara (red and white)

Mona Hatoum, Bukhara (red and white), 2008.

Mona Hatoum, Bukhara (red and white), 2008. Tapis en laine, 143 x 225 cm. Collection Musée national de l'histoire de l'immigration. Photo : Martin Argyroglo, Courtesy Galerie Chantal Crousel, Paris © ADAGP, Paris, 2011
 


Collection du musée

Bukhara (red and white), 2008. Tapis en laine 143 x 225 cm

Elle est née à Beyrouth (Liban) en 1952. Elle vit et travaille entre Londres et Berlin.


Mona Hatoum naît à Beyrouth dans une famille palestinienne. En 1975, alors qu’elle est en visite à Londres, elle se voit dans l’impossibilité de rejoindre son Liban natal et ses proches : la guerre civile vient d’éclater. Dès lors, elle choisit de questionner son statut de femme et d’exilée à travers une œuvre poétique et exigeante où se mêlent menace de la guerre, expérience de l’exil, questionnement identitaire, dépaysement et arrachement. Au milieu des années 1980, l’artiste se fait connaître sur la scène internationale avec ses performances et ses vidéos qui laissent poindre la violence du monde contemporain.

Au début des années 1990, Mona Hatoum investit les domaines de l’installation et de la sculpture. Elle s’empare d’objets familiers, domestiques et intimes, qu’elle ne cesse de métamorphoser. Ainsi, Bukhara, tapis persan aux dessins géométriques sur lequel s’inscrit un planisphère, évoque à la fois la maison de son enfance et le nomadisme planétaire. En 1948, lorsque les parents de l’artiste sont contraints, sous la pression israélienne, de quitter leur maison de Haïfa et de s’exiler au Liban, une partie seulement de leur importante collection de tapis est sauvée. Ces tapis rescapés allaient désormais recouvrir les sols de la maison de Beyrouth, lieu de naissance de la plasticienne.

Si le tapis Bukhara fait directement référence aux souvenirs de l’artiste et à son enfance, il symbolise également l’univers que le migrant emporte avec lui. Comme un « chez-soi » qu’il tente de recréer dans son exil perpétuel. Sur ce tapis, se trace en creux, par arrachement, un monde comme érodé par les mites ou par un quelconque impact extérieur. Telle une tonsure laissant affleurer la trame, le prélèvement esquisse une mappemonde selon la projection de Peters qui, contrairement à celle de Mercator, respecte les dimensions des continents et redonne sa visibilité au Sud dans de plus justes proportions. Entre construction et déconstruction, ancrage et déracinement, les attaches de chaque nœud de laine, tissées jadis, sont dissoutes : le monde n’est que migration et mouvement.  


Œuvre présentée dans l'exposition J'ai deux amours (16 novembre 2011 - 24 juin 2011)

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