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Grève et manifestation à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt

Photographie de Gérald Bloncourt
Gérald Bloncourt, Grève et manifestation à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt, novembre 1964 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Gérald Bloncourt, Grève et manifestation à l’usine Renault de Boulogne-Billancourt, novembre 1964 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Militant de longue date, photographe engagé, Gérald Bloncourt couvre les mouvements de grèves dans les usines pour le journal L'Humanité et pour la presse syndicale.


Le militantisme des travailleurs immigrés

La position des syndicats vis-à-vis des travailleurs étrangers est complexe. D’une part, les employeurs recrutent à l’étranger une main d’œuvre moins onéreuse, qu’ils estiment moins politisée. A cet égard, les syndicats accusent les travailleurs étrangers de faire baisser les salaires, d’être des briseurs de grèves et d’aller à l’encontre des intérêts des travailleurs français. D’autre part, ils sont aussi perçus comme un public à capter. En outre, la rhétorique internationaliste veut que la solidarité entre les travailleurs prime au delà des différences de nationalités. Dès avant la Première Guerre mondiale, la CGT organise des sous-sections par nationalité (allemande, polonaise, par exemple). La participation des travailleurs étrangers au mouvement syndical français est donc ancienne. Cependant, c’est la possibilité d’être élu délégué de personnel, accordée en 1972, qui octroie pleinement aux travailleurs de nationalité étrangère la possibilité de s’engager dans le syndicalisme et d’entamer des carrières militantes.

Les travailleurs étrangers syndiqués se mobilisent, au côté des français, pour l’augmentation des salaires, la réduction du temps de travail et la protection sociale. Ils sont mobilisés en proportion comparable aux travailleurs français au moment des grèves de mai 1968. La revendication d’intérêts spécifiques à leur condition d’étranger n’apparaît qu’au début des années 1970, en particulier en ce qui concerne leurs droits et le renouvellement de leurs titres de séjour (voir à ce sujet la question des sans-papiers). Les travailleurs étrangers logés en foyer se mobilisent également contre les abus dont ils sont victimes dans le cas de la gestion des foyers Sonacotra.

Le syndicalisme représente donc une ressource pour des individus placés en position de vulnérabilité vis-à-vis de leurs employeurs, et une importante tradition de mobilisation anime encore aujourd’hui le monde des travailleurs étrangers.


Angéline Escafré-Dublet


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