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Hijos del exilio - Enfants de l’exil : Fernando

Témoignages de filles et fils d'exilés chiliens. Photographies d'Éric facon (le bar Floréal), texte de Diego Olivares

Fernando, tiré de la série Hijos des exilio/ Fils de l'exil de Eric Facon © Eric Facon, Musée nationale de l'histoire et des cultures de l'immigration

Fernando, tiré de la série Hijos des exilio/ Fils de l'exil de Eric Facon © Eric Facon / le bar Floréal, Musée nationale de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Né en 1967 à Pantin, Eric Facon a rejoint le bar Floréal en 2005 après plusieurs années passées entre l’Amérique du Sud (où il participa à la création de l’agence chilienne IMA) et l’Europe.


En 2003, il réalise, avec IMA, la série Hijos del exilio, au moment du 30è anniversaire du coup d’état militaire au Chili. Ce travail a été exposé au Festival Internazionale di Fotografia di Roma en 2003 puis la même année au Museo de Arte Contemporaneo à Santiago du Chili.

Fernando

"Ma mère, mes frères Rodrigo et Gonzalo et moi avons rejoint mon père en France, en 1973, j’avais un mois. Nous n’avions pas de bagage. J’ai grandi au sommet de la tour Z à Colombes. L’étage entier était occupé par des familles chiliennes. Les portes d’entrée des appartements n’étaient jamais fermées. Le palier était notre terrain de jeux commun. L’ascenseur donnait directement chez nous ! La machine à laver, la seule pour tout l’étage, tournait 24h/24h ! Nos parents, leurs amis et leurs enfants formaient une communauté d’exilés très soudée. Tout tournait autour du projet de retourner chez nous et de notre lutte pour le Chili d’Allende".
(Santiago, 2003)

"Pour mes parents, c’était terrible l’exil, mais pour mes frères et moi, c’était juste notre réalité quotidienne. D’avoir été fils d’exilés en France m’a beaucoup apporté. J’ai conscience de l’avantage d’y avoir grandi, et d’avoir bénéficié de la culture française, la lecture, la bouffe, le cinéma, la musique. Mais aujourd’hui, vingt-quatre ans après être revenu au Chili, je ne pourrais pas revivre en France. Je n’ai pas gardé de relation affective avec la France, au contraire de mes frères. Je ne sais pas pourquoi…"
(Santiago, 2013)

La série Hijos del exilio

"J'ai photographié en 2003 des enfants d’exilés politiques chiliens à Santiago ou à Paris. Ils avaient entre 20 et 30 ans, étaient nés ou arrivés très jeunes en France avec leurs parents. Ils y ont grandi. Ils sont franco-chiliens, bilingues, ont une double culture, et un double horizon. Ils m'avaient alors parlé de l’histoire douloureuse de leurs parents, et de la leur plutôt heureuse.
 Je les ai retrouvé et interviewé en 2013. Certains sont restés où ils étaient, d’autres sont partis et même revenus. Ce sont des « bâtards de l’histoire » comme me l'a dit l’un d’eux. Ils se sentent Français là-bas et Sud Américains ici. Ils ont hérité d’une histoire chargée et, aujourd’hui, ils ont appris à vivre avec".
Éric Facon
 


Pour en savoir plus sur la série Hijos del exilio :

  • L'ensemble des photos et des textes de la série a été publié dans un ouvrage intitulé Hijos del exilio / Enfants de l’exil, Photographies d'Éric facon et texte de Diego Olivares, éditions Créaphis, 2013
  • Les photos sont exposées à la Galerie du bar Floréal du 10 au 20 septembre 2013
  • Site Internet d'Eric Facon
  • A voir également sur notre site :
    - Hijos del exilio - Enfants de l’exil : Elsa
    - Hijos del exilio - Enfants de l’exil : Miguel
    - Hijos del exilio - Enfants de l’exil : Daniela
    - Hijos del exilio - Enfants de l’exil : Diego
    - Hijos del exilio - Enfants de l’exil : Eloïse

Pour en savoir plus sur les exilés chiliens :

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