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Juillet 1974 : suspension des entrées de travailleurs immigrés permanents

Hommes et Migrations, n°872, 15 novembre 1974 et n°873, 1er décembre 1974

Visuel Hommes et Migrations, n°872 - 873

Collection numérique

Donateur/prêteur : Collection de la médiathèque Abdelmalek Sayad


Durant l’été et l’automne 1974, Valéry Giscard d’Estaing, élu président de la République au mois de mai, prend des mesures importantes concernant l’immigration dans l’espoir de résorber le chômage. Soucieux de documenter l’actualité, Hommes & Migrations Documents, reproduit les textes officiels de l’été 1974 et un rapport du Bureau international du travail réfléchissant aux conséquences de la crise économique sur l’immigration en Europe.

En octobre 1973, suite à un meurtre raciste dans la banlieue de Marseille, le gouvernement algérien suspend l’immigration vers la France. Le contexte est aussi marqué par la guerre de Kippour qui provoque un choc pétrolier entraînant une crise économique sans précédant mais que l’on imagine alors provisoire. Devant l’ampleur de cette crise, Valéry Giscard d’Estaing porte un intérêt particulier aux flux de travailleurs immigrés. Dès les premières semaines de son mandat, il rétablit le secrétariat d’État chargé des travailleurs immigrés supprimé en 1938. Le 3 juillet 1974, l’immigration est suspendue à titre provisoire pour les travailleurs et les familles : le secrétariat met l’accent sur l’importance de la maîtrise des flux de main d’œuvre comme solution pour inverser la courbe grimpante du chômage.

Devant l’échec des politiques migratoires, une partie de l’opinion publique attend du gouvernement qu’il présente une "politique globale de l’immigration". Le 9 octobre 1974, sont exposées au Conseil des ministres "vingt-cinq mesures nouvelles" reproduites dans le n°872 d’Hommes et Migrations Documents. Le gouvernement envisage cette nouvelle politique selon trois axes. La priorité est d’organiser et de contrôler les flux migratoires, d’améliorer les conditions de vie et de travail des étrangers et enfin d’organiser leur avenir et leur éventuel retour au pays.

C’est l’occasion de remettre en perspective la politique migratoire française dans le contexte européen. En août 1974, le Bureau international du travail publie un rapport sur les causes et les conséquences de ces retournements de politique à l’échelle européenne. Il apparaît que les modes de migrations changent : les travailleurs arrivent avec leurs familles et désirent désormais s’installer durablement alors que leurs situations de précarité tend à s’accentuer. L’Europe est comprimée entre deux courants contradictoires : la récession économique, cause de chômage massif et le besoin de main d’œuvre immigrée, primordial dans le secteur de l’industrie.

Clotilde Barral


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A l’occasion du jubilé de la revue Hommes & Migrations, le Musée national de l’histoire de l’immigration présente les archives de la revue à travers 15 dates marquantes de cette histoire (accéder à la chronologie).

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