Vous êtes ici

L’apport des immigrés italiens en Corse entre proximité et altérité

"Entrées migratoires en Corse", Hommes et migrations n°1278, 2009

Hommes & Migrations n°1278

Collection numérique

Donateur/prêteur : Collection de la médiathèque Abdelmalek Sayad


Encore peu connue, l’immigration italienne en Corse est pourtant très ancienne et importante. Tour à tour économique, culturelle et politique, elle a été facilitée par la proximité géographique et par le sentiment d’appartenance à une même sensibilité culturelle.

Déjà colonie de peuplement génois du XIIIème au XVIIème siècle, pendant le Risorgimento (période de luttes pour la libération de la Péninsule de la domination étrangère et son unification en 1860) la Corse a été terre d’asile pour les réfugiés politiques et les intellectuels italiens. Réciproquement l’activité carbonariste des pinnuti corses a alimenté l’association politique insurrectionnelle Giovine Italia de Giuseppe Mazzini, qui avait pour but l’unification de l’Italie. Au XIXème siècle les élites corses étaient ainsi qualifiées de "politiquement françaises et culturellement italiennes".

Cette proximité culturelle et idéologique n’a cependant pas empêché la propagation d’un sentiment italophobe - qu’on retrouve dans nombreux surnoms, proverbes et dictons – à l’égard des immigrés ruraux et ouvriers qui, installés dans l’île, en avaient façonné le paysage depuis le XVIIè siècle.

Contrairement à d’autres régions françaises, il n’y a pas eu en Corse de phénomènes de concentration ni des ghettos. Les toscans émigraient plutôt dans le nord de l’île, les sardes et les napolitains dans le sud et ils s’intégraient assez bien dans le tissu local. L’immigration italienne a ainsi permis de préserver les traditions rurales et maritimes de l’île et d’équilibrer l’émigration économique corse.

Aujourd’hui les liens culturels entre l’île et la Péninsule sont encore forts comme en témoignent les festivals de cinéma italien de Bastia et d’Ajaccio, ainsi que de nombreux jumelages entre villes. L’hégémonie italienne dans les flux migratoires a été remplacée par une nouvelle main d’œuvre maghrébine et par la présence non négligeable des allemands dans le secteur touristique.

Cet article de la revue Hommes & Migrations aborde la question des flux migratoires en Corse dans leur composition, leur adéquation aux caractéristiques économiques de l’île et leur influence politico-culturelle et sociale depuis le XVIIème siècle.


Philippe Pestel, « Entrées migratoires en Corse», Hommes et migrations, n°1278, 2009, pp. 62-74.
Retrouvez l'intégralité de l'article sur le site de Revues.org

Haut de page