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La valise "militante" de Manuel Valente Tavares

  • La valise "militante" de Manuel Valente Tavares. Photo : Lorenzö © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

  • Manuel Valente Tavares, pédopsychiatre et militant associatif. Photo Awatef Chengal © Cité nationale de l'histoire de l'immigration

  • Article publié dans L’Union de Reims, « Sans-papiers : les dés sont jetés », 1er Novembre 1997 © DR

  • Carte de réfugié de Manuel Valente Tavares (1974) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Don de Manuel Valente Tavares


"Cette valise est pour moi l’objet qui traduit le mieux mon parcours personnel. Chargée de souvenirs et remplie d’espoirs, elle porte bien les rêves d’un chemin toujours à tracer, à la recherche de liberté, égalité, fraternité". Manuel Valente Tavares

Le parcours de Manuel Valente Tavares

Il est né dans un village du nord du Portugal en 1950.

 

Manuel Valente Tavares. Photo Awatef Chengal © Cité nationale de l'histoire de l'immigration

Manuel Valente Tavares, pédopsychiatre et militant associatif. Photo Awatef Chengal © Cité nationale de l'histoire de l'immigration

En 1970, refusant la dictature instaurée par Salazar et la guerre coloniale menée en Afrique, Manuel devient déserteur. "Je faisais des études à la faculté de médecine de Lisbonne, mais j’étais engagé dans la contestation étudiante et il fallait partir, car le risque était grand dans un État contrôlé par le PIPE (Policia Internacional e de Defesa do Estado – Police politique sous la dictature). Je me suis exilé. Mon voyage en direction de l’Amérique latine a été une longue traversée, au sens propre comme au figuré, seul au milieu des autres passagers et de l’immensité de la mer. Seul, car je laissais ceux qui m’étaient les plus chers, avec qui j’avais passé toute mon enfance et mon adolescence. Seul avec mes pensées tout en me disant que j’allais rencontrer d’autres personnes et qu’après tout, je retournerais peut-être au pays, mais dans combien de temps ?".

 

Il rejoint d’abord une partie de sa famille émigrée au Brésil. Peu de temps après, il part s’installer au Chili durant les années de l’Unité populaire, sous Salvador Allende.

 

Carte de réfugié de Manuel Valente Tavares (1974) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Carte de réfugié de Manuel Valente Tavares (1974) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Après le coup d’état du 11 septembre 1973 de Pinochet, Manuel cherche à rejoindre la France. En 1974, un visa de "court séjour" lui est délivré par l’Ambassade de France au Chili en attendant l’attribution par l’OFPRA de son statut de réfugié. Avec ce dernier, il obtient une carte de travail. 

 

"L’élan de solidarité à l’échelle mondiale a été à la mesure de la brutalité du coup d’État. La façon exceptionnelle dont nous avons été accueillis à ce moment-là m’a aidé à surmonter le traumatisme du coup d’État et le déracinement de ce nouvel exil. Contrairement aux années 2000, il y avait en France dans les années 1970 une législation très ouverte pour l’accueil des réfugiés et l’attribution de titres de séjour, de cartes de travail, pour l’hébergement en foyer et les indemnités du gouvernement".

En 1974, année de son arrivée en France, la révolution des Œillets au Portugal, puis la loi d’amnistie pour les déserteurs promulguée un an après lui donnent l’espoir de retourner dans son pays natal pour terminer ses études de médecine. Militant associatif, son parcours migratoire l’a amené à suivre avec intérêt l’actualité politique nationale et internationale. En 1981, l’élection de François Mitterrand l’incite à revenir en France. En 1985, il acquiert la nationalité française. 

Devenu pédopsychiatre, Manuel Valente Tavares est aussi un militant associatif et il participe à de nombreuses actions pour la défense des droits des immigrés en France.

La valise 

Cette valise à été initialement utilisée par Manuel Valente Tavares pour de nombreux voyages entre Paris et le Portugal. Portée à l’épaule à la façon des paysans portugais lorsqu’ils arrivent en France au cours de années 1960-1970, la valise devient un support emblématique à l’occasion des mobilisations pour l’abrogation des lois Pasqua-Debré (1997). Manuel est alors un des responsables du "Collectif portugais pour une pleine citoyenneté" créé en soutien aux "sans papiers" et en faveur du droit de vote des résidents étrangers. Le collectif portugais évoque la situation des migrants économiques et des réfugiés portugais des années 1960-1970, partis clandestinement « a salto » (en sautant, par-dessus les frontières).

Ecouter Manuel Valente Tavares parler de sa valise 

Manuel Valente Tavares lors d'une conférence sur la Galerie des dons à la Nuit des musées 2008, 1min22.

 

Article publié dans L’Union de Reims, « Sans-papiers : les dés sont jetés », 1er Novembre 1997 © DR

Article publié dans L’Union de Reims, « Sans-papiers : les dés sont jetés », 1er Novembre 1997 © DR

Après sa médiatisation dans la presse écrite et dans les reportages télévisés, la valise de Manuel Valente Tavares apparaît également comme support pédagogique dans un manuel destiné aux élèves du secondaire traitant des débats sur la citoyenneté.

 


En savoir plus sur l'immigration portugaise :

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