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Le baby-foot Bonzini

  • Le baby-foot Bonzini. Photo : Lorenzö © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Le baby-foot Bonzini. Photo : Lorenzö © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Le baby-foot Bonzini. Photo : Lorenzö © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Le baby-foot Bonzini. Photo : Lorenzö © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Baby-foot Bonzini - 92 x 148 x 96 cm - Acquisition 2010

Don de Gérard Bergaglia


Mots-clefs

Ce modèle B-60 de la société Bonzini est emblématique de la marque. À l’occasion de l’exposition Allez la France ! Football et immigration en 2010, le Musée a contacté la société Bonzini, avec l’intention d’organiser des tournois en marge de l’exposition. Pendant l’occupation du musée par un collectif de sans-papiers d’octobre 2010 à janvier 2011, les occupants ont joué sur ces baby-foot installés dans le forum. Celui-ci est resté au Musée, don de Gérard Bergaglia.

L’histoire de Joseph Bonzini par son petit-neveu, Gérard Bergaglia

Photo de l'usine Bonzini

L'usine Bonzini à Bagnolet dans les années 30 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Tout commence en 1927, lorsque Joseph Bonzini, menuisier originaire du Piémont en Italie, arrive en France avec sa femme. Habile menuisier, il ouvre une échoppe à Bagnolet et commence à fabriquer des meubles, aidé par des voisins et des amis. Rapidement, l’artisan menuisier s’associe avec un mécanicien italien. Sans doute pour résister à la crise économique, l’entreprise Bonzini & Sopransi se diversifie à partir des années 1930 dans le domaine des jeux de loisirs et d’argent. Le bussophone (phonographe automatique permettant de jouer vingt disques sur les deux faces), les roulettes et autres jeux installent définitivement l’entreprise sur ce marché. Le premier baby-foot est produit en 1935.

N’ayant pas d’enfant, Joseph Bonzini fait venir à Bagnolet son neveu, Raymond Bergaglia, issu d’une branche de la famille qui a immigré à Nice. Gérard, le fils de Raymond, témoigne aujourd’hui de leur installation en France : "Mon père s’est trouvé orphelin assez tôt. Ma grand-mère paternelle était une Bonzini née dans la région du Piémont. Mon grand-père était scaphandrier et il a participé à la construction du port de Nice. C’était certainement une migration économique, contrairement au grand-père de ma femme qui est venu en France pour fuir le régime de Mussolini".

M. et Mme Bonzini

Joseph Bonzini et son épouse (Turin, avant 1927) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Joseph décède en 1937. La France est en guerre deux ans plus tard et les machines à sous sont interdites. La veuve de Joseph doit faire face à la crise de l’entreprise dans un contexte politique incertain. Mais dans l’immédiat après-guerre, le baby-foot se généralise dans les cafés français. Raymond reprend l’entreprise familiale et décide de profiter de ce nouvel engouement : "Les fabricants de l’époque disaient qu’un baby-foot, ça ne mérite pas mieux que quatre planches avec des barres sortantes. Mais le Bonzini B-53 était à barre télescopique, ce qui rendait le jeu beaucoup plus sûr". Il savait que s’il se lançait dans ce type de jeu, il fallait allier le savoir-faire de la menuiserie industrielle et celui de la mécanique générale. Cela tombait bien, car Joseph Bonzini et son collègue Sopransi, tous deux avaient apporté ces compétences dans leurs valises au début du siècle et su les mettre en commun.

En 1990, c’est au tour de Gérard, fils de Raymond et petit-neveu de Joseph, de reprendre les rênes de l’entreprise. Fier de ses origines italiennes, il se réjouit : "Aujourd’hui, le baby-foot Bonzini, c’est le savoir-faire français qui s’exporte. En 1998, pendant la Coupe du monde, il y a eu un match France-Italie. Un journaliste de France 3 nous a contactés : ’’On voudrait savoir ce que pense un fabricant de baby-foot d’origine italienne quand la France va rencontrer l’Italie.’’ Lorsque j’ai regardé le reportage, ça m’a fait plaisir de voir qu’il commençait par : ’’Bonzini, c’est comme Platini : c’est d’origine italienne." 


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