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Le studio photographique Rex

Chambre photographique du Studio Rex à Marseille © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Chambre photographique du Studio Rex à Marseille © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée


L’histoire du studio commence avec celle d’Assadour Keusssayan. Né en 1907 en Turquie, il fuit à l’âge de 8 ans le génocide arménien et arrive en France au début des années 1920. Vers 1933, il ouvre son propre studio à Marseille. En 1954, il s'installe place d’Aix et forme sa fille, Germaine, qui se chargera des retouches. En 1966, son fils Grégoire les rejoint pour réaliser les prises de vue, les tirages et les retouches des montages rehaussés au pastel. Les archives du studio montrent une importante collection de photos d'identité et de photos de famille témoignage de l'univers du studio photo et du portrait posé mais aussi de la diversité des habitants du quartier.

L’ensemble exposé dans les salles du musée correspond à un moment clé de l’histoire de France qui voit l’immigration d’origine coloniale s’intensifier pendant les Trente Glorieuses et la guerre d’Algérie et témoigne ainsi de la grande mixité du quartier de Belsunce, et, plus largement, de la France qui, à partir des années 1960, fait appel à une main-d’œuvre ouvrière d'origines diverses. La proximité du studio avec une antenne du ministère du Travail et de la Sécurité sociale dans les années 1950 explique une forte production de photographies d’identité à des fins administratives, mais pas uniquement, certaines photographies seront en effet envoyées aux familles. Quelques personnes apparaissent en boubou, d’autres en djellabah. Autant de tenues qui témoignent de l’événement que constitue la prise de vue photographique. Les Keussayan réalisaient des photos de famille stylisées à partir de montages photographiques, de couples ou de familles entières : "Les gens pouvaient nous apporter jusqu’à six photos différentes", raconte Grégoire Keussayan.

Ces photographies coûtaient entre 300 et 400 francs dans les années 1980, une somme élevée qui correspond au nombre d’heures passées sur le cliché. Il est à noter que les tirages présentés ici furent conservés par le studio parce que les familles ne sont pas venues les récupérer.
 


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