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Mémé d'Arménie, de Farid Boudjellal

Planches originales de l'album Mémé d'Arménie de la série Petit Polio

  • Farid Boudjellal, Petit Polio, tome 2. Mémé d'Arménie, planche. Papier et encre en couleur © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Farid Boudjellal, Petit Polio, tome 2. Mémé d'Arménie, planche. Papier et encre en couleur © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Farid Boudjellal, auteur de bandes dessinées, est né en 1953 à Toulon


La bande dessinée témoigne elle aussi des migrations. Certains auteurs s'en sont saisi pour aborder des récits autobiographiques comme ici Farid Boudjellal qui explore son histoire familliale entre la France, l'Algérie et l'Arménie.

Les deux dernières pages du tome 2 de la série Petit Polio intitulé Mémé d'Arménie (Futuropolis, 2006) montrent un moment d'intimité entre une grand-mère et son petit-fils. L'auteur, Farid Boudjellal, né en 1953 à Toulon et touché par la poliomyélite à l’âge de huit mois, s’est mis en scène dans un récit d’inspiration autobiographique sous le nom de Mahmoud (Petit Polio), enfant pendant la guerre d’Algérie.

Dans ce deuxième opus, Mahmoud fait la connaissance de sa grand-mère paternelle. Elle a vécu en Algérie mais elle est née dans l'actuelle Turquie au début du XXe siècle. Rapidement, Mahmoud se rend compte qu’elle a vécu de terribles événements dans le passé. Il faut plusieurs mois et tout un album pour qu'elle consente à parler de sa famille, exterminée en 1915. Les deux dernières planches de l'album racontent la visite de la vielle femme à l’hôpital où Mahmoud vient de subir une opération.

 

Farid Boudjellal, Petit Polio, tome 2. Mémé d'Arménie, planche. Papier et encre en couleur © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Farid Boudjellal, Petit Polio, tome 2. Mémé d'Arménie, planche. Papier et encre en couleur © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Réalisées à l'aquarelle et à l'encre de Chine, les deux planches se composent de neuf et douze cases. Les deux premières, de format horizontal, plantent le décor par une vue sur le porche de l'Hôtel-Dieu puis dans la chambre de Mahmoud. Suivent des plans rapprochés, entrecoupés d'une scène en contre-jour. L'intimité s'installe et le récit peut commencer, avec l’aide de la photographie de famille. Le thème de la transmission s’exprime, avec une touche nostalgique, par des couleurs grisées et des traits floutés. Les visages des disparus se succèdent dans la dernière planche, pour revenir enfin sur celui de Mémé, seule survivante.

 

Hélène Bouillon 


En savoir plus

La planche est présentée dans l'exposition Albums - Bande dessinée et immigration. 1913-2013

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