Le “miracle économique“ des années d’après-guerre nécessite la venue de travailleurs immigrés. On fait d’abord venir dans les années 1950 des Espagnols, qui vont remplacer petit à petit les Italiens et qui seront suivis, à partir des années 1960, par des Portugais.
On fait appel, entre autres, aux Espagnols, alors que le gouvernement franquiste ne fait plus obstacle à l’émigration de ces ressortissants, qu’il tente d’encadrer politiquement par le biais des missions catholiques espagnoles. Les deux vagues espagnoles additionnées, celle de 1939 et celle des années 1950 et 1960, constituent une très importante population, qui atteindra les 600 000 personnes à la fin des années soixante, avant de décliner dans les années 1970.
Les Espagnols remplacent peu à peu la migration italienne, qui a tendance à se stabiliser dans ces années. On les trouve dans le bâtiment mais peu dans l’industrie, tandis que les femmes occupent des emplois de maison. Enfin, le travail saisonnier agricole emploie une grande partie des migrants du Sud de l’Espagne, qui alternent travaux agricoles des deux côtés des Pyrénées en fonction du décalage des saisons.
Malgré un accord d’immigration passé avec l’État portugais, celui-ci tente en vain de limiter l’hémorragie de ces ressortissants. L’immigration devient alors clandestine et prend des proportions d’autant plus importantes que la France régularise systématiquement ces entrées illégales. Les Portugais présents en France sont au nombre de 20 000 en 1959 et de 700 000 au début des années 70, ils seront encore 600 000 en 1990.
La migration portugaise est constituée de travailleurs peu qualifiés fuyant la misère, mais aussi de déserteurs des guerres coloniales et d’opposants politiques au régime de Salazar. Comme leurs prédécesseurs italiens et espagnols, les hommes travaillent beaucoup dans le bâtiment, mais aussi dans l’industrie, tandis que les femmes trouvent du travail dans le domaine des services aux particuliers.
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