La transition des Trente Glorieuses

Pendant les Trente Glorieuses, le catholicisme des immigrés continue de préserver les traditions nationales. Face à l’insuffisance des missions étrangères, notamment chez les Portugais, l’Église de France apporte désormais un soutien important aux migrants catholiques. Son aide s’étend progressivement à toutes les confessions. Les nouvelles vagues d’immigration favorisent le développement de l’islam en France. Jusqu’aux années 1960, religion minoritaire de travailleurs isolés, sa pratique est peu visible. Avec l’implantation durable de la communauté musulmane, la question des pratiques fait petit à petit son entrée dans l’espace public.

Le second âge de l'immigration catholique

Vierge de Fatima © Carlos Casteleira / DR

Vierge de Fatima © Carlos Casteleira / DR

La majorité des immigrés portugais vient des villages où la foi et les pratiques religieuses rythment la vie familiale et collective.
En France, ils maintiennent leurs traditions au sein du catholicisme, avec des messes dans leur langue et des manifestations dédiées à la Vierge de Fatima.

Les pratiques des Polonais restent marquées par les traditions nationales, comme lors de cette procession à Harnes, en 1960.

Fête polonaise, Harnes (Pas-de-Calais) vers 1960

Fête polonaise, Harnes (Pas-de-Calais) vers 1960 © Centre Historique Minier du Nord/Pas-de-Calais, Lewarde

Paris, 1953, prêtre ouvrier © Sabine Weiss/Rapho/Eyedea

Paris, 1953, prêtre ouvrier © Sabine Weiss/Rapho/Eyedea

À partir des années 1950, l’Église de France s’engage en faveur des migrants et met en place le Service interdiocésain des travailleurs immigrés. Les catholiques français les plus engagés dans l’élan de Vatican II et les prêtres ouvriers jouent un rôle important auprès des migrants portugais. Des militants protestants et catholiques se préoccupent aussi de l’accueil des immigrés musulmans et prennent position en faveur des droits des étrangers.

L'arrivée des juifs sépharades

La décolonisation et les crises internationales provoquent l’arrivée de nombreux juifs sépharades venus d’Afrique du Nord et d’Égypte. Les instances communautaires de France aident à la prise en charge de leurs coreligionnaires. Par leur nombre et leurs pratiques, les sépharades contribuent au renouveau du judaïsme en France.

L'islam des travailleurs

Salle de prière pour les travailleurs musulmans à Renault-Flins, 1979

Salle de prière pour les travailleurs musulmans à Renault-Flins, 1979 © Richard Frieman / Photothèque IHS-CGT

La pratique de l’islam demeure largement une affaire privée, tout au long de Trente Glorieuses. Les travailleurs immigrés ne prient pas de manière collective et cantonnent en général leurs pratiques à la maison.
Il faut attendre le milieu des années 1970, pour que s’ouvrent, dans les usines automobiles, les premières salles de prière en entreprise.