Durdijia Vasic

Née en 1950 à Zelinha, en Bosnie-Herzégovine

  • Durdijia Vasic, aller voir derrière la colline © Atelier du Bruit

  • Durdijia Vasic, aller voir derrière la colline © Atelier du Bruit

  • Durdijia Vasic, aller voir derrière la colline © Atelier du Bruit

  • Durdijia Vasic, "Juliette" de Saint-Lazare © Atelier du Bruit

Aller voir derrière la colline

"Depuis toute petite, j’avais envie de voir le monde. Ma maison était sur une côte et je regardais souvent la côte en face, là où le ciel se touche avec la terre. Je me demandais : c’est ça, le bout du monde, ou est-ce qu’il y a quelque chose derrière ? Et j’espérais que le bout du monde serait moins proche que ça, qu’il y aurait autre chose à découvrir. Je voulais aller voir derrière la colline. Je suis née dans un village de l’ex-Yougoslavie, dans le centre de la Bosnie-Herzégovine. Très joli, très gentil, au milieu de collines vertes, un peu comme la Dordogne. C’était une campagne très reculée, dans ma langue, on dit : “là où le Dieu a dit bonsoir”. Souvent, j’ai fait la route à pied jusqu’au marché le plus proche, 20 kilomètres et retour, même dans la neige. Les gens pensaient qu’à faire la fête, à s’amuser. Surtout l’hiver, où il y avait beaucoup de saints à célébrer. On chantait ensemble, on priait, on buvait et on dansait. Je parle des fêtes orthodoxes, parce que moi, je suis serbe, mon village était serbe. Il y avait des musulmans et des catholiques pas loin et on vivait bien ensemble, mais on avait des coutumes différentes. Ce qui est sûr, c’est que dans cette région-là, à part les fonctionnaires du gouvernement, on était tous des paysans pauvres. D’ailleurs, après la guerre, en Yougoslavie, tout le monde était pauvre."