"Partir, c’est une tradition des Comoriens, une habitude. Il y a toujours du va-et-vient. On s’en va pour les études, pour travailler, c’est la continuité des générations. Pendant la colonisation, les Comores étaient rattachées à Madagascar et beaucoup émigraient là-bas. Ils allaient aussi en Tanzanie et au Kénya, à Zanzibar ou bien à Mombasa. À Madagascar, les Comoriens ont commencé à travailler sur les bateaux, et de là, juste avant la Seconde Guerre mondiale, certains ont été affectés en France, à Marseille surtout, et à Dunkerque. Mais ils n’étaient pas nombreux. La majeure partie est venue après l’indépendance, en 1975. Dans ma famille, l’oncle de ma mère a été le premier à partir, dans les années 40. Il avait appris le métier de marin à Madagascar. Ensuite, en 1962, il y a eu le frère de ma mère, qui a pris sa retraite il y a longtemps et qui faisait très souvent la navette avec les Comores. Je le connaissais bien, c’est peut-être lui qui m’a donné l’idée de m’en aller. Mais aujourd’hui, on ne trouve plus de travail sur les bateaux. Les compagnies ont été privatisées."
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