"Dans la rue, quand je rencontre des gens que je ne connais pas et qui essaient de me situer, je leur dis : "Ne cherchez pas ! Je suis la fille de Monsieur Pierre." Il y a trois générations de Valentinois qui ont connu mon père. Comme son stand était sur les boulevards et qu’à l’époque, il n’y avait pas la télé, on amenait les enfants au parc, surtout le jeudi et le dimanche, et tout le monde passait inévitablement dans ce lieu de promenade qui était ombragé, magnifique. Quand il vendait une glace, il donnait aussi des cacahouètes, un petit nougat, ce qui fait que tous ces enfants, qui aujourd’hui sont âgés, ont bien mémorisé le visage du Monsieur Pierre qui leur a fait plaisir tant de fois. Et il suffit que je leur rappelle "l’estanco", comme on disait, pour voir un grand sourire apparaître : "Oh, voilà !" Mon papa était un pilier de la communauté arménienne, mais à Valence, on le connaissait d’abord comme le marchand de bonbons."
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