Nouredine Hagoug

Né en 1963 à Marseille

  • Nouredine Hagoug, le marcheur de fond © Atelier du Bruit

  • Nouredine Hagoug, le marcheur de fond © Atelier du Bruit

  • Nouredine Hagoug, le marcheur de fond © Atelier du Bruit

Le marcheur de fond

"Comme toute ma génération, j’ai été élevé dans le mythe du retour. Nous, les enfants, on était là pour gagner des diplômes, et puis on rentrerait dans notre pays, l'Algérie, pour aider à le reconstruire. Ce discours officiel des parents, j’y ai cru jusqu’à 14, 15 ans, jusqu’à ce que je commence à comprendre, confusément, qu’ils n’y croyaient pas forcément eux-mêmes. Quand j'ai eu 16 ans, je suis allé au Bureau des Étrangers pour faire ma carte de résident. On m’a répondu : "Monsieur, vous êtes Français, vous n’avez pas à avoir de carte de séjour." J’ai fait tout un foin, j'ai crié que j’étais algérien comme mon papa, comme ma maman, et au final, je suis resté quelques mois sans papiers – c'était moins vital, à l’époque. Un jour, sur une question de mon père, j’ai expliqué mon refus, très fier. Il m'a regardé dans les yeux et il m'a dit : "Arrête tes conneries et va faire tes papiers français au commissariat." Il n’était pas dupe de ses propres rêves. Il avait compris qu’il n’y aurait pas de retour pour lui, et encore moins pour ses enfants."

Nouredine Hagoug, profession de foi © Atelier du Bruit