Thonn Ouk

Né en 1917 à Phnom Penh au Cambodge

  • Thonn Ouk, "ce monde ancien disparu sans retour" © Atelier du Bruit

  • Thonn Ouk, "ce monde ancien disparu sans retour" © Atelier du Bruit

  • Thonn Ouk, "ce monde ancien disparu sans retour" © Atelier du Bruit

  • Thonn Ouk, "ce monde ancien disparu sans retour" © Atelier du Bruit

 "Ce monde ancien disparu sans retour"

"Je suis né en 1917, au Cambodge sous Protectorat français, j'ai presque 90 ans. Il n'y a pas longtemps, dans un restaurant, à Hong Kong, un client qui a entendu mon âge a voulu absolument me serrer la main, il disait que ça lui porterait bonheur ! Je suis d'une famille de mandarins. L'un de mes grand-pères était vice-ministre de l'Agriculture au Palais royal, l'autre haut fonctionnaire du Trésor, à Phnom Penh. Mon père, comme eux je suppose, savait très bien le français, ce qui lui avait permis de commencer sa carrière comme secrétaire auprès du Résident français au Cambodge. De là, on pouvait grimper les échelons pour devenir gouverneur de district, puis de province, ou même ministre. À l'époque, il n'y avait que cinq ministres et ils étaient nommés à vie. À ma naissance, mon grand-père le vice-ministre était déjà mort. Mais la chose amusante, c'est qu'il avait laissé son bicorne d'amiral, son épée, sa veste d'officier de marine et ses fausses dents, elles aussi de fabrication française. On gardait tout ça à la maison, chez ma grand-mère, non loin du Mékong, où nous vivions. Dès quatre ans, tous les deux ou trois mois, j'allais avec grand-mère toucher la retraite du grand-père au Trésor public."

Thonn Ouk, nos ancêtres les Gaulois © Atelier du Bruit

La timbale de Thonn Ouk

Exilé en 1975, alors que les Khmers rouges s’emparaient du Cambodge, Thonn Ouk n’a conservé de sa vie d’autrefois que de très rares objets, dont cette timbale en argent.