Victor-Hugo Iturra Andaur

Né en 1951 à Coronel, près de Tomé, dans le sud du Chili

  • Victor-Hugo Iturra Andaur, "on ne retrouve pas ce qu’on a perdu" © Atelier du Bruit

  • Victor-Hugo Iturra Andaur, "on ne retrouve pas ce qu’on a perdu" © Atelier du Bruit

  • Victor-Hugo Iturra Andaur, "on ne retrouve pas ce qu’on a perdu" © Atelier du Bruit

  • Victor-Hugo Iturra Andaur, "on ne retrouve pas ce qu’on a perdu" © Atelier du Bruit

On ne retrouve pas ce qu’on a perdu

"C’est une coïncidence extraordinaire de m’être retrouvé ici dans le Nord, au bord de la mer. Parce que je viens d’une région du Chili finalement assez semblable, minière et maritime à la fois, avec une grosse industrie textile, où mon père était ouvrier. J’ai grandi dans une des cités de l’usine, avec des petites maisons toutes pareilles. Et quand j’ai vu les terrils et les corons pour la première fois, en montant de Paris à Lille, j’ai trouvé des points communs avec là d’où je venais. J’ai l’impression de partager d’une certaine façon le même passé, cette manière dont les gens, ici ou là-bas, doivent lutter pour vivre, ou peut-être simplement survivre. Maintenant, à Tomé, tout ça est à l’abandon, les usines ont fermé aussi. Dans le quartier de mon enfance, la vie était dure mais extrêmement communautaire. Il y avait de temps en temps de grandes grèves, qui pouvaient durer trois ou quatre mois. Au bout d’une semaine, tout le monde allait sur le rivage pour ramasser des mollusques, pêcher. Les familles se nourrissaient grâce à la mer. L’océan rejetait parfois sur la grève des bancs entiers de poissons, qu’on ramassait tout frétillants et par milliers, à la pelle."

Victor-Hugo Iturra Andaur, d’une mer l’autre © Atelier du Bruit