Le prix littéraire de la Porte Dorée

Le prix littéraire de la Porte Dorée récompense un roman ou un récit écrit en français traitant du thème de l’exil. Ce prix est doté de 4 000 euros par l'association de soutien à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration. Le jury désigne le lauréat parmi une dizaine de titres de l’année éditoriale 2011-2012 sélectionnés par un comité de lecture : documentalistes, historiens, enseignants, journalistes, lycéens...

Pourquoi le prix littéraire de la Porte Dorée ?

La Cité nationale de l’histoire de l’immigration est, bien sûr, installée dans le Palais de la Porte Dorée… Mais également en hommage à la Golden Door - symbole des migrants voguant vers l'Amérique. Sur le socle de la statue de la Liberté les vers du poème d’Emma Lazarus symbolisent la quête universelle de ces hommes et ces femmes partis pour un avenir meilleur :

"Send these, the homeless, tempest-tost, to me
I lift my lamp beside the golden door!"

(Envoie-les-moi, les déshérités ballottés par la tempête,
De ma lumière, j’éclaire la porte d’or ! )

L'exil, qu'il soit volontaire ou imposé, intime, économique ou politique, marque la littérature et l'enrichit de nouvelles odyssées. Les souffrances et les angoisses, les découvertes et parfois le sentiment de libération liés à l'éloignement de la terre natale sont sources de créativité et d'inspiration littéraires. Ces récits nous ouvrent des horizons en nous permettant de voir "entre les frontières"…

Le Prix littéraire de la Porte Dorée 2012

Le Prix littéraire de la Porte Dorée sera remis le 6 juin 2012 au cours d'une soirée exceptionnelle.

Quatre Cafés littéraires permettent de rencontrer des écrivains en lice avant la remise du Prix :

  • Café littéraire avec Chahdortt Djavann et Ali Magoudi (samedi 26 novembre 2011)
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  • Café littéraire avec Laurence Cossé, Shumona Sinha et Fabienne Swiatly (samedi 14 janvier 2012)
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  • Café littéraire avec Henri Lopès et Carole Zalberg (samedi 10 mars 2012)
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  • Café littéraire avec Sabri Loutah (samedi 5 mai 2012)
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Les précédents prix

Prix 2011

Le prix littéraire de la Porte Dorée 2011 a été remis le 26 mai 2011 à Michaël Ferrier pour Sympathie pour le fantôme, Gallimard
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Prix 2011

Le prix littéraire de la Porte Dorée a été remis pour la première fois le 12 juin 2010 à Alice Zeniter pour son roman Jusque dans nos bras (Albin Michel)
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Le prix littéraire sur le Magazine de la Cité

Rêves oubliés

Léonor de Récondo, édition Sabine Wespieser, 2012

C’est avec beaucoup de pudeur et de délicatesse que Léonor de Récondo décrit comment l’histoire transforme les corps et les âmes d’une famille de réfugiés espagnols. Après avoir été hébergé à Hendaye par Mademoiselle Eglantine, cette famille qui fuit une mort certaine va se terrer, anonyme, dans une ferme des Landes.

En pleine face

Abdelkader Railane, édition Ex æquo, 2011, 167 pages, 16 €.

Abdelkader Railane, ch’ti de naissance et Yssingelais d’adoption, signe ici son premier roman à la tonalité largement autobiographique. Il dirige depuis 2004 la Mission locale d’Yssingeaux, au sud de Saint-Etienne et ferraille au sein de la COPEC (Commission pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté) en Haute-Loire, pour faire avancer quelques dossiers et thèmes qui lui tiennent à cœur. Ajoutons qu’il est un ancien champion de boxe et cela a son importance dans l’écriture de ce livre. Car Abdelréda, le héros d’En pleine face, va devoir chausser des gants de boxe pour tout simplement gagner le droit de rester en France. Tout un symbole.

Je ne suis pas celle que je suis

Chahdortt Djavann, Flammarion, 2011

Chahdortt Djavann ne mâche pas ses mots et ne perd pas de temps. Fuyant le régime islamiste iranien, elle arrive à Paris en 1993, apprend le français et décide par la même occasion de devenir écrivain français. Elle a alors 26 ans. En 2002, elle sort son premier roman, Je viens d'ailleurs, et en 2003, Bas les voiles, un réquisitoire implacable, voire impeccable, contre le port du voile. Depuis, elle alterne essais et fictions, et vient de publier son neuvième titre, Je ne suis pas celle que je suis, un texte étrange qui n'a rien de linéaire, puisque s'entrelacent roman parisien et roman iranien.

Unité de vie

Fabienne Swiatly, Lyon, La Fosse aux ours, 2011

Un titre aux connotations mystérieuses. Un auteur qu'on ne voit pas sur les plateaux de télévision. Seulement 106 pages d'un petit format, mais à le lire un crayon à la main, on a envie de tout souligner, tant ce livre touche à l'intime et à l'universel, puisqu'il parle des failles de la mémoire, de la peur de l'ennui et des maisons de retraite.

Un Sujet français

Ali Magoudi, édition Albin Michel, 2011

Le chirurgien, psychanalyste et écrivain Ali Magoudi a entrepris, une trentaine d’années après la mort de son père, d’en écrire la vie. Une vie romanesque selon l’intéressé qui, curieusement, prédit à son fiston qu’un jour il en écrira le fil.

La rentrée littéraire et la troisième édition du Prix littéraire de la Porte Dorée

Le 26 mai dernier, à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, Michaël Ferrier recevait le prix littéraire de la Porte Dorée pour Sympathie pour le fantôme. C’est désormais la troisième édition de ce prix qui se prépare pour le comité de lecture chargé de la sélection des ouvrages en compétition. Voici les premières impressions de la responsable du prix sur ce que réserve la rentrée littéraire de septembre.

Alice au pays du racisme

Portrait et interview d'Alice Zeniter, première lauréate du prix littéraire de la Porte Dorée

A 25 ans, Alice Zeniter a déjà écrit trois pièces de théâtre et deux romans, dont le dernier, Jusque dans nos bras, a reçu le premier Prix littéraire de la Porte Dorée. L’histoire d’un mariage blanc entre deux jeunes amis dans laquelle l’auteure laisse beaucoup d’elle-même. Portrait.

Blues pour Elise

Léonora Miano, Plon, 2010

“La France telle que vous ne l'avez jamais lue.” Une formule parfaite, de Léonora Miano, pour présenter son cinquième roman, Blues pour Elise. Un roman qui se passe à Paris et dont tous les personnages ont des “visages d'ambre et d'ébène”, à une exception près.
Le sous-titre, “Séquences afropéennes. Saison 1”, annonce la couleur et la structure, entre le recueil de nouvelles, la série télé et l'album de neo-soul. Tous les personnages ont droit à leur séquence et à leur ambiance musicale ; au fil des pages se révèlent leurs liens, familiaux, amicaux ou amoureux.

Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut

Yahia Belaskri, Vents d'ailleurs, 2010

Adel et Déhia se promènent en Italie, ils se sont rencontrés lors d'un débat sur "la pluralité dans les sociétés postcoloniales" et vivent ensemble depuis une dizaine d'années. Mais ils viennent de loin, "de là où la mort ne s'invite pas, résidant à demeure, frappant, saisissant, emportant la vie à sa guise". Ils viennent de l'Algérie des « années noires » et, rescapés de l'horreur, ils ont eu tout à reconstruire. Ensemble. Le roman de Yahia Belaskri évoque leur voyage de Rome jusqu'à l'extrémité de la péninsule tout en revenant sur ce qu'ils ont vécu l'un et l'autre.

Amours et aventures de Sindbad le Marin

Salim Bachi, Gallimard, 2010

Salim Bachi, écrivain algérien résidant en France depuis 1997 aime les contes, les récits antiques et la mythologie. Il en use pour brasser les genres et les temps et éclairer la lanterne de ses contemporains. Ainsi, après Homère dans Le Chien d’Ulysse (son premier roman paru chez le même éditeur) ou la Kahéna qui donnait le titre de son deuxième roman, le voici à fricoter du côté des 1001 nuits, de la légende des 7 dormants et de Carthage.