La construction du Palais de la Porte Dorée

Le bâtiment, dont la construction débute en 1928 et s’achève pour l’inauguration de l’Exposition coloniale en 1931, est un témoignage unique du style art déco qui connaît un vif succès depuis 1925. Ce Palais étant érigé à la gloire de la France coloniale, on retrouve des éléments imprégnés de l’exotisme et de l’art colonial des années 30.

Maquette du Palais de la Porte Dorée

Maquette du Palais de la Porte Dorée © Cabinet Construire

Confié à l’architecte Albert Laprade, le bâtiment devait à la fois cristalliser la diversité des styles de l’Empire et exprimer la domination de la France sur ses colonies. D’une surface de 16 000 m2, il se caractérise par la sobriété de ses lignes et par des dimensions imposantes.
Inscrit dans un plan carré, parfaitement symétrique il reprend le principe des palais marocains en ménageant une grande salle centrale entourée de galeries.

La façade renoue, quant à elle, avec la monumentalité des temples antiques : les piliers aux chapiteaux stylisés évoquent les colonnes ioniques des temples grecs, tandis que les bas-reliefs expriment la maîtrise de la France sur les colonies.

Témoignage unique de l’art déco de l’époque, le palais fut pensé dans sa totalité : de la grille d’entrée conçue par Jean Prouvé, au bâtiment d’Albert Laprade, en passant par les bas-reliefs d’Alfred Janniot, les fresques à l’intérieur du Palais de Pierre-Henri Ducos de la Haille, les luminaires ou les mosaïques. Pour la décoration de l’intérieur du Palais, Albert Laprade fait appel à des professionnels reconnus, pour certains dans le monde entier, tels que les ébénistes et décorateurs Emile-Jacques Ruhlmann et Eugène Printz.

Albert Laprade

Albert Laprade est né en 1883 et décédé en 1978. Après des études à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, il travaille au Maroc. À la demande de Lyautey, il réalise le plan de ce que l’on a appelé la nouvelle ville indigène de Casablanca, puis la Résidence générale de Rabat selon des modèles très modernes pour l’époque. En 1920, il crée sa propre agence.
Il obtient la charge de construire le Palais des Colonies ainsi que le Pavillon du Maroc pour l’Exposition coloniale de 1931. Parmi ses nombreuses réalisations de l’Entre-deux-guerres, on compte la maison de Cuba à la cité universitaire de Paris et l’ambassade de France à Ankara. Pour l’Exposition internationale de 1937, il réalise le monument de la paix sur la place du Trocadéro.
Après la guerre, il réalise des bâtiments industriels et participe notamment au réaménagement des usines Renault à Boulogne-Billancourt.