Les salons ovales

Aux deux extrémités du hall d'honneur du Palais sont disposés des salons classés. Les deux salons illustrent les principaux aspects des civilisations de l’Afrique et de l’Asie.

Le salon ovale de Paul Reynaud

Dédié aux apports intellectuels et artistiques des colonies françaises d’Afrique à la France, ce salon était le lieu de réception de Paul Reynaud, alors ministre des colonies.

Le salon ovale de Paul Reynaud

Le salon ovale de Paul Reynaud © Nathalie Darbellay, Cité nationale de l'histoire de l'immigration

La conception de la décoration du salon fut confiée à Emile- Jacques Ruhlmann qui intégra des fauteuils dits “éléphants” aux formes amples et généreuses en maroquin brun et ébène, ainsi qu’un modèle inédit de chaises tripodes en ébène de macassar et maroquin brun. Le bureau du ministre mêle, quant à lui, l’ébène au galuchat, peau de poisson utilisée comme du cuir, avec des incrustations de filets d’ivoire au niveau du plateau. Autant de matériaux précieux et exotiques qui renforcent le prestige du lieu tout en mettant en valeur les produits rapportés des colonies.

Les bustes en bronze présentés dans les vitrines ou sur les socles furent réalisés par des artistes tels qu’Anna Quinquaud ou Gaston Broquet et témoignent de la production des artistes académiques coloniaux de l’époque.

Les fresques du salon furent réalisées par Louis Bouquet et évoquent les apports de l’Afrique sub-saharienne et l’Afrique du Nord à la France. Les choix esthétiques de l’artiste se nourrissent de la vision stéréotypée en vogue à l’époque et qui associe l’Afrique dite “noire” au corps, à la nudité et à la danse. Le côté “naturel” et “enfantin” des populations noires appartient à un registre de stéréotypes qui perdureront encore longtemps.
L’Afrique du Nord est, quant à elle, envisagée sous l’angle de la religion et des apports scientifiques ou artistiques de la civilisation arabo-musulmane. Sur fond d'architecture mauresque sont représentés la philosophie, les mathématiques, la médecine, l’astronomie, l’architecture, la musique et la calligraphie.

Le salon ovale du maréchal Lyautey

Ce salon était le lieu de réception du maréchal Lyautey, commissaire général de l’Exposition coloniale. Il était dédié aux apports intellectuels et artistiques des colonies d'Asie.

Le salon ovale du maréchal Lyautey

Le salon ovale du maréchal Lyautey © Nathalie Darbellay, Cité nationale de l'histoire de l'immigration

La fresque du salon a pour thème les arts, les religions et les apports économiques de l’Asie. Réalisée par André et Ivanna Lemaître, elle est le pendant de la fresque du salon Paul Reynaud. La plus grande partie des motifs est empruntée aux panthéons bouddhiques et hindouistes. On distingue ainsi dans le panneau principal Krishna dans la forêt attirant les bergères, Bouddha en méditation contemplative et Confucius parlant à ses disciples. La femme nue et allongée qui surplombe la fresque est Koanam, la mère des Arts née dans une fleur de lotus.

La décoration du salon, l’habillage et une partie du mobilier, est commandée à l’ébéniste Eugène Printz. Il fournit deux grandes portes en bois de palmier du Gabon dit “patawa”, une plinthe entourant la pièce, deux meubles à trois portes intégrés dans la fresque et un parquet en marqueterie de bois coloniaux de trois essences différentes dont l’acajou. Il crée spécialement pour ce bureau les sièges en bois laqué et en velours et construit ces lampes dont la forme rappelle celle des lampadaires qui se trouvent dans le hall d’honneur.