Dans Parle-leur de batailles, de roi et d’éléphants (Actes-Sud 2010) Mathias Enard s’intéressait à un pont qui devait être "le ciment d’une cité", pas n’importe laquelle, Constantinople, "la cité des empereurs et des sultans". Un pont politique, un pont jeté au-dessus des interdits, entre les désirs d’une musulmane et d’un chrétien (Michel-Ange) à qui elle murmure : "Je ne te connais pas étranger. (…) Prends un peu de ma beauté, du parfum de ma peau. On te l’offre. Ce ne sera ni une trahison, ni un serment ; ni une défaite, ni une victoire. Juste deux mains s’emprisonnant, comme des lèvres se pressent sans s’unir jamais". Changement de décor avec Rue des Voleurs, mais pas de thèmes.
Dans Les Désorientés, Adam, professeur d’histoire exilé en France depuis une vingtaine d’années, s’en retourne pour la première fois vers le pays où il est né. Mourad, un ami d’enfance, se meurt et le réclame à son chevet. Il arrivera trop tard.
Poète et cinéaste, Mohamed Kadded est né en 1971 à Oullins dans le Rhône et a décidé, en 2007, de mettre fin à ses jours. Il avait 36 ans. Auteur de plusieurs courts métrages et documentaires, il a aussi publié des poèmes dans plusieurs revues et fait paraître un recueil, intitulé justement L’homme de verre, en 2000 aux éditions Poésie et rencontres. Ce livre est à la fois un hommage et une présentation de ce jeune homme et de son œuvre par Marie Paule Richard, qui rencontra, alors qu’elle officiait comme documentaliste d’un collège de la région lyonnaise, celui qui n’était qu’un élève "singulier".
Le livre s’ouvre sur ces premiers mots : "Tu n’es pas sans identité. Tu en as une, évidemment. Tes papiers disent que tu es née à Liège, de parents nés à Liège ; ils ne précisent pas que l’un des deux t’est totalement étranger et que Liège t’est devenue, après un départ définitif, de plus en plus étrangère. (…) Tu t’es éloignée jusqu’à exiger un pays plus grand que le tien entre toi et cette ville ; il y a eu dans cette ville quelque chose à fuir, pour aller de l’avant comme on dit".
Si 2013 annonce le centenaire de la naissance d’Albert Camus, 2012 marquait le cinquantenaire de sa disparition et le soixante-dixième anniversaire de la parution du roman L’étranger. Les éditions Gallimard et Futuropolis se sont associées à cette occasion pour en offrir une édition originale, un beau livre selon la formule consacrée, qui présente deux originalités : le grand format d’abord et un nouveau découpage du célèbre roman et surtout les dessins de l’Argentin José Muñoz qui accompagnent le texte de l’enfant de Belcourt.
Organisé par l’association Coup de soleil, le 19ème Maghreb des livres a pour objectif de mettre en valeur l’ensemble de la production éditoriale (littérature, essais, BD, beaux-livres) relative au Maghreb de l’année 2012 à travers cafés littéraires, cartes blanches, entretiens, lectures, rencontres et tables-rondes. Les lettres algériennes y seront à l’honneur.
Le monde est donc devenu global, le village planétaire, les peuples, les cultures se métisseraient à tire-larigot, les corps et les âmes se mêleraient dans une dynamique de création et d’innovation, bousculant frontières et fermetures, inventant une nouvelle relation au monde et à l’Autre. Tout cela est joli, sémillant, prometteur. Mais, à bien lire quelques penseurs érudits et sans doute clairvoyants, tout cela exigerait entre autres une éthique de relation dont l’un des éléments constitutifs serait de substituer aux monologues des uns et à la surdité des autres, des rapports et une pensée dialogiques, une conscience réflexive permettant de penser le commun de l’humain et de mesurer les "écarts" des uns et des autres dans le maelström des valeurs et pratiques communes.
Le philosophe Daryush Shayegan n’est pas un inconnu. Iranien, il a fait ses études en France ; indianiste, spécialisé en philosophie comparée et dans l’étude des civilisations, ce professeur d’université, à cheval entre Paris et Téhéran, ne cesse depuis des années de dresser des passerelles entre les peuples et les cultures, d’aider ses contemporains, du Nord comme du Sud, à mieux comprendre et à mieux vivre des temps marqués par la "fragmentation", "l’interconnectivité", les espaces de rencontres et les réseaux, "l’entre-deux" défini comme un "passage interstitiel entre les identités fixes qui ouvre la possibilité d’hybridité culturelle".
Quand le film s’achève dans la joyeuse cacophonie d’une procession mariale, on semble loin du printemps arabe. Il y flotte pourtant comme un parfum de liberté…
Le dernier roman de l’auteur et scénariste Akli Tadjer s’ouvre sur une idée originale, reflet des évolutions de la société française : les déboires de Saïd Meziane courtier en assurance, spécialisé dans les contrats en direction des populations musulmanes.
Portail consacré à l'histoire et aux mémoires plurielles de la guerre d'Algérie. Interviews, synthèses historiques, témoignages, ressources, outils pédagogiques...
La Vie des Idées a interrogé deux spécialistes des relations entre migrations et protection sociale. L’un, Paul-André Rosental, historien, s’intéresse à l’Europe de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle...
Exploration et cartographie des diasporas sur les réseaux numériques. Un programme du groupe TIC-Migrations.
Une fresque interactive autour des dessins de Laurent Maffre et des témoignages audio recueillis à l'époque par Monique Hervo. Une création sonore de Fabrice Osinski.
Le site de vidéos et ressources pédagogiques de France 5 consacre un dossier au thème "médias & Immigration" comprenant de nombreux extraits vidéo provenant notamment du fonds de l'Ina.
À lire sur L'Express. Marguerite Abouet avec Aya de Yopougon, Halim Mahmoudi et son Arabico, Edimo et Mbumbo, créateurs de Malamine. Un Africain à Paris... Une génération d'auteurs aborde le thème de l'immigration en France.
Le blog littéraire de Mustapha Harzoune, fidèle chroniqueur livres pour le site Internet de la Cité et la revue Hommes & Migrations.
Réseau international des musées sur les migrations.
La Médiathèque des Trois Mondes, qui propose déjà un important catalogue de films d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, lance maintenant son service de vidéo à la demande (VOD).
Quel meilleur vecteur que la chanson pour sensibiliser les publics de tous âges à l'extraordinaire pluralité linguistique de la France?
Enseignants
Presse
Mécénat
Marchés publics
Location d'espaces
Tous droits réservés. © Établissement public du Palais de la Porte Dorée, Cité nationale de l'histoire de l'immigration, 2013
