Dans Parle-leur de batailles, de roi et d’éléphants (Actes-Sud 2010) Mathias Enard s’intéressait à un pont qui devait être "le ciment d’une cité", pas n’importe laquelle, Constantinople, "la cité des empereurs et des sultans". Un pont politique, un pont jeté au-dessus des interdits, entre les désirs d’une musulmane et d’un chrétien (Michel-Ange) à qui elle murmure : "Je ne te connais pas étranger. (…) Prends un peu de ma beauté, du parfum de ma peau. On te l’offre. Ce ne sera ni une trahison, ni un serment ; ni une défaite, ni une victoire. Juste deux mains s’emprisonnant, comme des lèvres se pressent sans s’unir jamais". Changement de décor avec Rue des Voleurs, mais pas de thèmes.
Dans Mélo, Frédéric Ciriez auteur Des néons sous la mer (Verticales, 2008) livre un travail d’orfèvre, une construction et une langue à la fois précises, dégraissées, bougrement efficaces où, par un subtil jeu de miroir, scintillent de multiples reflets dans lesquels l’imaginaire et la réflexion du lecteur trouvent à s’épanouir ; en toute liberté.
Dans Les Désorientés, Adam, professeur d’histoire exilé en France depuis une vingtaine d’années, s’en retourne pour la première fois vers le pays où il est né. Mourad, un ami d’enfance, se meurt et le réclame à son chevet. Il arrivera trop tard.
Poète et cinéaste, Mohamed Kadded est né en 1971 à Oullins dans le Rhône et a décidé, en 2007, de mettre fin à ses jours. Il avait 36 ans. Auteur de plusieurs courts métrages et documentaires, il a aussi publié des poèmes dans plusieurs revues et fait paraître un recueil, intitulé justement L’homme de verre, en 2000 aux éditions Poésie et rencontres. Ce livre est à la fois un hommage et une présentation de ce jeune homme et de son œuvre par Marie Paule Richard, qui rencontra, alors qu’elle officiait comme documentaliste d’un collège de la région lyonnaise, celui qui n’était qu’un élève "singulier".
Le livre s’ouvre sur ces premiers mots : "Tu n’es pas sans identité. Tu en as une, évidemment. Tes papiers disent que tu es née à Liège, de parents nés à Liège ; ils ne précisent pas que l’un des deux t’est totalement étranger et que Liège t’est devenue, après un départ définitif, de plus en plus étrangère. (…) Tu t’es éloignée jusqu’à exiger un pays plus grand que le tien entre toi et cette ville ; il y a eu dans cette ville quelque chose à fuir, pour aller de l’avant comme on dit".
Entre deux invocations au soleil, l’oncle Démoney avait prévenu Dipita, son neveu : "mon fils, ne soit jamais comme ces hommes blancs qui pleurent comme des femmes ou qui font des mauvaises choses avec des hommes comme eux". C’est dit ! Pourtant, des années plus tard, Dipita, se retrouve dans la prison de Champ-Dollon à Genève, pour avoir justement enfreint le double avertissement avunculaire.
Rachid Santaki est né en 1973 à Saint-Ouen, a grandi à Saint-Denis, c’est sans doute ce qui lui a donné l’énergie nécessaire pour être à la fois entrepreneur, journaliste, scénariste et romancier. Il a signé La petite cité dans la prairie (Bords de l'eau, 2008), Les anges s'habillent en caillera (Moisson rouge, 2011) et un roman est annoncé pour les prochains jours, Flic Ou Caillera, chez Masque.
Victoria, avait neuf ans quand elle débarqua avec sa parentèle à Nice, en 1926. A Constantinople, la famille Handjian échappa aux persécutions de 1915-1916, mais dû, dix ans plus tard, décamper pour un exil sans retour. En France, la vie de cette modeste immigrée "de nationalité réfugiée arménienne" est passée "comme si elle n’avait pas d’histoire ; pas de récit ; pas de Je" ; une "précarité de coton hydrophile" écrit l’auteur, son fils.
Tome 2 des Sauvages, révélation de l’année 2012 du tout juste trentenaire Sabri Louatah qui vient de se voir décerner, en décembre dernier, le Prix Lire du premier roman français pour ces deux livraisons d’une série qui devrait en comprendre quatre. L’enquête feuilletonesque aux multiples rebondissements traque les commanditaires de l’attentat perpétré contre Idder Chaouch, candidat socialiste à la présidentielle, candidat "issu de la diversité" donc - selon les usages, les précautions de langage et les boursouflures du moment.
Le monde est donc devenu global, le village planétaire, les peuples, les cultures se métisseraient à tire-larigot, les corps et les âmes se mêleraient dans une dynamique de création et d’innovation, bousculant frontières et fermetures, inventant une nouvelle relation au monde et à l’Autre. Tout cela est joli, sémillant, prometteur. Mais, à bien lire quelques penseurs érudits et sans doute clairvoyants, tout cela exigerait entre autres une éthique de relation dont l’un des éléments constitutifs serait de substituer aux monologues des uns et à la surdité des autres, des rapports et une pensée dialogiques, une conscience réflexive permettant de penser le commun de l’humain et de mesurer les "écarts" des uns et des autres dans le maelström des valeurs et pratiques communes.
Portail consacré à l'histoire et aux mémoires plurielles de la guerre d'Algérie. Interviews, synthèses historiques, témoignages, ressources, outils pédagogiques...
La Vie des Idées a interrogé deux spécialistes des relations entre migrations et protection sociale. L’un, Paul-André Rosental, historien, s’intéresse à l’Europe de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle...
Exploration et cartographie des diasporas sur les réseaux numériques. Un programme du groupe TIC-Migrations.
Une fresque interactive autour des dessins de Laurent Maffre et des témoignages audio recueillis à l'époque par Monique Hervo. Une création sonore de Fabrice Osinski.
Le site de vidéos et ressources pédagogiques de France 5 consacre un dossier au thème "médias & Immigration" comprenant de nombreux extraits vidéo provenant notamment du fonds de l'Ina.
À lire sur L'Express. Marguerite Abouet avec Aya de Yopougon, Halim Mahmoudi et son Arabico, Edimo et Mbumbo, créateurs de Malamine. Un Africain à Paris... Une génération d'auteurs aborde le thème de l'immigration en France.
Le blog littéraire de Mustapha Harzoune, fidèle chroniqueur livres pour le site Internet de la Cité et la revue Hommes & Migrations.
Réseau international des musées sur les migrations.
La Médiathèque des Trois Mondes, qui propose déjà un important catalogue de films d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, lance maintenant son service de vidéo à la demande (VOD).
Quel meilleur vecteur que la chanson pour sensibiliser les publics de tous âges à l'extraordinaire pluralité linguistique de la France?
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