A l’heure où ce pays est toujours au cœur de l’actualité, Georges Morin publie un ouvrage revu et actualisé, joliment intitulé L’Algérie au cœur des passions, qui revient sur nombre d’idées reçues, dans l’indispensable collection du même nom. Le grand mérite de ce livre est son approche à la fois thématique et chronologique, sur le temps long, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, dans le contexte post printemps arabe. L’histoire et l’actualité brûlante entrent ainsi en résonance.
Au sein de la guerre d’indépendance algérienne se joue également une terrible "bataille de l’écrit". Les gouvernements successifs, niant tous le conflit pour parler d’ "événements", préfèrent le silence à la liberté d’expression. La loi du 3 avril 1955 sur l’état d’urgence rétablit la censure. Les principes démocratiques s’effacent devant l’impérialisme colonial. Avec les pouvoirs spéciaux votés – y compris par le PCF ! - en 1956, la censure est étendue à l’ensemble des moyens d’expression. Les journaux engagés, Libération, France Observateur, Le Canard enchaîné, L’Express, Témoignage chrétien, sont particulièrement visés. L’Humanité se trouve alors en première ligne.
C’est une somme indispensable. Si l’historiographie des dernières années et les copieuses livraisons éditoriales en cette année du cinquantenaire de la fin des accords d’Évian ont fourni de nombreux ouvrages sur la guerre d’indépendance, aucun - depuis les recherches pionnières de Charles-André Julien puis Charles-Robert Ageron et les travaux de Benjamin Stora - ne proposait de la replacer dans le temps long de la période coloniale. C’est désormais chose faite avec cette Histoire de l’Algérie à la période coloniale 1830-1962. Cette vaste fresque synthétique réunit, en quatre grandes séquences chronologiques, plus d’une centaine d’articles, rédigés par soixante-neuf auteurs.
Disons le d’entrée, le livre ne renouvelle par la recherche et les savoirs sur l’histoire de la Guerre d’Algérie. Il offre l’occasion de remettre en perspective cette guerre non pas depuis 1954 mais depuis l’irruption de l’armada française sur la terre algérienne jusqu’en 1957, année où se termine ce premier tome. Nos deux auteurs montrent que l’opposition algérienne à la conquête, puis au colonialisme et enfin la revendication d’indépendance, n’a jamais cessé. C’est peut-être le premier enseignement de ce livre : la présence étrangère sur cette terre fut toujours perçue, de manière plus ou moins tranchante, comme illégitime.
Voilà que l’on prétend réduire l’arrivée annuelle des immigrés à 10 000 gugusses et autres enamourés de Français(es), naturalisé(e)s ou pas. D’autres annoncent vouloir diviser par deux (pourquoi par deux ?) le nombre de ces entrées pour le ramener à quelques 90 000 par an. Il semble que l’immigration soit un sujet trop sérieux – parce que d’abord et avant tout une question humaine – et compliqué pour le laisser entre les mains des politiques et autres experts qui le rabaissent à la seule dimension statistique, elle-même ravalée à une vulgaire addition de bistro.
À l’occasion du cinquantenaire de la fin de la guerre et de l’indépendance de l’Algérie, la salutaire collection "idées reçues" des éditions du Cavalier bleu s’enrichit d’un titre signé par l’historienne Sylvie Thénault, chargée de recherches au CNRS, spécialiste de la répression coloniale et de la guerre d’indépendance algérienne.
Le mardi 17 octobre 1961, en pleine guerre d’Algérie, des Algériens tentent de manifester pacifiquement à Paris contre le couvre-feu décrété par le préfet de police Maurice Papon. Cette mobilisation, organisée à l’appel du FLN, sera sauvagement réprimée. Un massacre longtemps étouffé.
Dans Les Espagnols en France, Une vie au-delà des Pyrénées, Didier Debord et Bruno Vargas reviennent sur l’immigration hispanique au XXe siècle. Ils le font à l’aide d’une présentation générale, de témoignages et de portraits de Français d’origine espagnole, et ce, sur trois générations.
Voici la deuxième édition de l'ouvrage de Philippe Rygiel. Il y analyse les migrations internationales qui touchèrent l’Amérique du Nord et l’Europe du Nord-Ouest, du milieu du XIXe siècle jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
Universitaire et auteur, fondateur en 1979 et directeur jusqu’en 2003 du Centre de recherches tsiganes de l’université Paris-Descartes, Jean-Pierre Liégeois livre en une centaine de pages, tout ce qu’il faut savoir (ou presque) sur ces Roms, Tsiganes, Egyptiens, Gitans ou Gypsis, Bohémiens, Manouches... Une centaine de pages pour essayer de chasser de nos esprits ces préjugés qui font des Roms des voleurs, des délinquants, des adeptes de la sorcellerie et autre diablerie, des mendiants dont les grosses cylindrées qui tractent de belles caravanes inoculent le virus de la suspicion chez les bonnes gens.
Portail consacré à l'histoire et aux mémoires plurielles de la guerre d'Algérie. Interviews, synthèses historiques, témoignages, ressources, outils pédagogiques...
La Vie des Idées a interrogé deux spécialistes des relations entre migrations et protection sociale. L’un, Paul-André Rosental, historien, s’intéresse à l’Europe de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle...
Exploration et cartographie des diasporas sur les réseaux numériques. Un programme du groupe TIC-Migrations.
Une fresque interactive autour des dessins de Laurent Maffre et des témoignages audio recueillis à l'époque par Monique Hervo. Une création sonore de Fabrice Osinski.
Le site de vidéos et ressources pédagogiques de France 5 consacre un dossier au thème "médias & Immigration" comprenant de nombreux extraits vidéo provenant notamment du fonds de l'Ina.
À lire sur L'Express. Marguerite Abouet avec Aya de Yopougon, Halim Mahmoudi et son Arabico, Edimo et Mbumbo, créateurs de Malamine. Un Africain à Paris... Une génération d'auteurs aborde le thème de l'immigration en France.
Le blog littéraire de Mustapha Harzoune, fidèle chroniqueur livres pour le site Internet de la Cité et la revue Hommes & Migrations.
Réseau international des musées sur les migrations.
La Médiathèque des Trois Mondes, qui propose déjà un important catalogue de films d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, lance maintenant son service de vidéo à la demande (VOD).
Quel meilleur vecteur que la chanson pour sensibiliser les publics de tous âges à l'extraordinaire pluralité linguistique de la France?
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