Sabri Louatah ! Voici un nouveau venu dans la carrière. La France littéraire grouille de jeunes talents qui viennent redorer le blason des lettres nationales à tout le moins y mettre leur grain de sel, réinventer les genres, bousculer la langue et élargir les horizons. Sans compter que questions horizons, si nos nouvelles plumes (Faïza Guène, Kamel Hajaji, Mabrouck Rachedi, Hafid Aggoune ou Kaoutar Harchi) semblent bien pâlottes dans la basse-cour des gallinacées tricolores, on sait mieux les apprécier au delà des frontières nationales où elles font rayonner la culture française.
Avec ce titre provocant emprunté à un des Petits poèmes en prose de Baudelaire, Shumona Sinha annonce la couleur : elle ne va pas faire dans le politiquement correct. Et c’est sûrement parce qu’elle-même est née à Calcutta qu’elle peut se permettre cette liberté de ton pour parler de l’immigration indienne.
C’est avec beaucoup de pudeur et de délicatesse que Léonor de Récondo décrit comment l’histoire transforme les corps et les âmes d’une famille de réfugiés espagnols. Après avoir été hébergé à Hendaye par Mademoiselle Eglantine, cette famille qui fuit une mort certaine va se terrer, anonyme, dans une ferme des Landes.
Abdelkader Railane, ch’ti de naissance et Yssingelais d’adoption, signe ici son premier roman à la tonalité largement autobiographique. Il dirige depuis 2004 la Mission locale d’Yssingeaux, au sud de Saint-Etienne et ferraille au sein de la COPEC (Commission pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté) en Haute-Loire, pour faire avancer quelques dossiers et thèmes qui lui tiennent à cœur. Ajoutons qu’il est un ancien champion de boxe et cela a son importance dans l’écriture de ce livre. Car Abdelréda, le héros d’En pleine face, va devoir chausser des gants de boxe pour tout simplement gagner le droit de rester en France. Tout un symbole.
Chahdortt Djavann ne mâche pas ses mots et ne perd pas de temps. Fuyant le régime islamiste iranien, elle arrive à Paris en 1993, apprend le français et décide par la même occasion de devenir écrivain français. Elle a alors 26 ans. En 2002, elle sort son premier roman, Je viens d'ailleurs, et en 2003, Bas les voiles, un réquisitoire implacable, voire impeccable, contre le port du voile. Depuis, elle alterne essais et fictions, et vient de publier son neuvième titre, Je ne suis pas celle que je suis, un texte étrange qui n'a rien de linéaire, puisque s'entrelacent roman parisien et roman iranien.
Un titre aux connotations mystérieuses. Un auteur qu'on ne voit pas sur les plateaux de télévision. Seulement 106 pages d'un petit format, mais à le lire un crayon à la main, on a envie de tout souligner, tant ce livre touche à l'intime et à l'universel, puisqu'il parle des failles de la mémoire, de la peur de l'ennui et des maisons de retraite.
Boualem Sansal est un drôle de type. Cela écrit avec respect et admiration. Voilà un gars aux allures placides qui vous dégomme n’importe qui et n’importe quoi qui aurait l’outrecuidance de lui asticoter le stylo.
Le chirurgien, psychanalyste et écrivain Ali Magoudi a entrepris, une trentaine d’années après la mort de son père, d’en écrire la vie. Une vie romanesque selon l’intéressé qui, curieusement, prédit à son fiston qu’un jour il en écrira le fil.
Le 26 mai dernier, à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, Michaël Ferrier recevait le prix littéraire de la Porte Dorée pour Sympathie pour le fantôme. C’est désormais la troisième édition de ce prix qui se prépare pour le comité de lecture chargé de la sélection des ouvrages en compétition. Voici les premières impressions de la responsable du prix sur ce que réserve la rentrée littéraire de septembre.
C’est un drôle de premier roman que ce récit signé Sophie Schulze. Elle y entrelace l’existence de Walter, jeune allemand immigré en France au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’exil et l’engagement d’Hannah Arendt, quelques pages et figures de la philosophie allemande et le cheminement de l’idée européenne portée ici par le philosophe juif allemand Husserl et, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, par Robert Schumann. C’est dire si le pari de l’auteure était de mêler petite et grande histoire.
Exploration et cartographie des diasporas sur les réseaux numériques. Un programme du groupe TIC-Migrations.
Une fresque interactive autour des dessins de Laurent Maffre et des témoignages audio recueillis à l'époque par Monique Hervo. Une création sonore de Fabrice Osinski.
Le site de vidéos et ressources pédagogiques de France 5 consacre un dossier au thème "médias & Immigration" comprenant de nombreux extraits vidéo provenant notamment du fonds de l'Ina.
À lire sur L'Express. Marguerite Abouet avec Aya de Yopougon, Halim Mahmoudi et son Arabico, Edimo et Mbumbo, créateurs de Malamine. Un Africain à Paris... Une génération d'auteurs aborde le thème de l'immigration en France.
Le blog littéraire de Mustapha Harzoune, fidèle chroniqueur livres pour le site Internet de la Cité et la revue Hommes & Migrations.
Réseau international des musées sur les migrations.
La Médiathèque des Trois Mondes, qui propose déjà un important catalogue de films d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, lance maintenant son service de vidéo à la demande (VOD).
Quel meilleur vecteur que la chanson pour sensibiliser les publics de tous âges à l'extraordinaire pluralité linguistique de la France?
Un site collaboratif sur les migrations à Besançon.
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