Au travail

Belges, Italiens, Polonais, Espagnols, juifs étrangers, Russes, Arméniens, Maghrébins, Portugais, Africains, Chinois… Depuis le début du XIXe siècle, les travailleurs immigrés contribuent au développement économique. On les emploie massivement dans les périodes de croissance, moins dans les périodes de crise…

  • France 1963. Travailleurs immigrés portugais travaillant sur un chantier © Paul Almasy/AKG-images/Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

  • Archive du “Commissariat à la lutte contre le chômage. Groupe miniers“. Carte et tableau de répartition des travailleurs étrangers dans le mines datant de 1942 © Archives nationales du monde du travail, Fonds du Comité central des houillères de France - 40AS40 et 40AS48

  • Environ de Nîmes 1981. Travailleurs marocains et espagnols dans le verger du Mas des Tuileries © Jacques Widenberger/Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

  • Manifestation à Paris : "Les travailleurs immigrés ne doivent pas faire les frais de la crise", 1979 © Serge Gautier / Photothèque IHS-CGT

  • Mineurs de la compagnie d’Anzin, dans le Nord, fosse de la Bleuze Borne, 1908 © Collection Kharbine-Tapabor

L'essor industriel

Au XIXe siècle, les industries textiles, les mines de fer et de charbon, la construction des chemins de fer, connaissent en France un développement considérable. En même temps, la diminution du nombre des naissances au sein de la population française et le faible exode rural rendent nécessaire l’emploi d’une main-d’œuvre étrangère, souvent frontalière. Belges, en particulier dans le Nord, puis Italiens, notamment dans le Sud-Est et en Lorraine, représentent les deux principales composantes de cette main d’œuvre.
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L'organisation de l'immigration

La Première Guerre mondiale marque les débuts d’une immigration organisée par l’État : étrangers et coloniaux prennent, dans certains secteurs, la relève des travailleurs français partis au front. Durant l’entre-deux-guerres, le recrutement de travailleurs étrangers reste partagé entre le patronat (Comité des Houillères, Société Générale d’Immigration) et l’État. Les années 1920, décennie de croissance, sont marquées par une diversification sans précédent des nationalités et des secteurs d’emploi. La crise des années 1930 provoque une vague de licenciements et de renvois au pays.
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Reconstruction et modernisation

En 1945, l’État prend le relais du patronat ; il organise l’immigration de la main d’œuvre étrangère avec l’Office National d’Immigration (ONI) et signe de nouveaux accords bilatéraux (Italie, Espagne, Portugal…). Parallèlement, les travailleurs algériens arrivent en métropole librement en tant que ressortissants français jusqu’en 1962. Durant les Trente Glorieuses (1945-1975), années de forte croissance marquées par le développement de la consommation, des secteurs comme le bâtiment et l’automobile connaissent, rapidement et durablement, de forts besoins en main-d’œuvre peu qualifiée. Algériens, Portugais, Marocains deviennent alors les figures emblématiques du travailleur immigré.
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Le temps de la crise

La crise qui s’amorce en 1974 entraîne un net ralentissement de l’immigration de main-d’œuvre, officiellement suspendue. Le chômage touche fortement les immigrés, employés dans des secteurs en pleine restructuration (mines, automobile, métallurgie). Des plans d’ « aide au retour », visant en particulier les travailleurs originaires du Maghreb, ont peu de résultats. Pour autant, le travail des immigrés, de plus en plus originaires d’Asie, d’Afrique subsaharienne et d’Europe de l’Est, demeure une composante importante de l’activité économique. Il conserve souvent la forme d’un travail précaire (saisonnier ou intérimaire), voire illégal (multiplication des travailleurs sans-papiers).
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Les luttes sociales

Les travailleurs étrangers et coloniaux sont à la fois acteurs et enjeux des luttes sociales aux XIXe et XXe siècles. Ils peuvent être utilisés par les employeurs comme briseurs de grèves. Pour une large partie du mouvement ouvrier, ils constituent également une cible à atteindre. Tout au long du XXe siècle, ils se mobilisent comme les travailleurs français pour les salaires, la réduction du temps de travail, la protection sociale. À partir des années 1960-70, ils mènent leurs propres combats autour des conditions de travail et de la lutte contre les discriminations.
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Repères chronologiques

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