Enracinements

L’expérience du travail en France, la vie de quartier, l’école pour les plus jeunes, sont autant de lieux de socialisation qui, peu à peu, enracinent les migrants dans le pays d’accueil…

  • Flins (France), 1983. Ecole située près du site des usines Renault © Ferdinando Scianna/Magnum Photos/Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

  • Partie de baby-foot dans un café de la banlieue nord de Paris, en 1965 © LAPI / Roger-Viollet

  • Paris, avenue des Champs-Élysées : étrangers venant s’engager aux côtés de la France, 1939 © Roger-Viollet

  • La dénonciation des crimes racistes, un des motifs de la marche pour l’égalité, 1983 © Alain Bizos / Agence VU

Le rôle des institutions

L'accueil

Pendant longtemps, l’accueil des immigrants a été le fait de l’initiative privée. Compatriotes, sociétés d’entraide, associations caritatives s’occupent des plus démunis, notamment des réfugiés. La mouvance chrétienne, d’un côté, le mouvement ouvrier, de l’autre, sont particulièrement actifs. À partir des années 1950 et plus encore des années 1960, l’État, quasi-absent jusque-là, coordonne l’accueil, avec le Fonds d’Action Sociale (FAS) qui s’appuie sur des relais associatifs.

L'école

L’école n’est explicitement obligatoire pour les enfants d’étrangers qu’à partir des années 1930 et il faut attendre les années 1960 pour que ces derniers soient nombreux à poursuivre des études secondaires. Même si les réalités sont donc plus complexes que ce que laisse croire l’idée d’un enracinement toujours facilité par l’école dès la fin du XIXème siècle, l’école est un lieu essentiel de socialisation et d’intégration.
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Faire sien le pays d'accueil

Au quotidien

C’est par les contacts quotidiens, sur les lieux de travail et de vie, à l’occasion de fêtes ou tout simplement par la fréquentation des cafés, des commerces, de tous ces lieux qui font la vie de tous les jours, que les immigrés font leur le pays d’accueil.

La langue

Mariages et unions mixtes

L'accès à la nationalité

Le droit de la nationalité a varié depuis deux siècles. En 1803, avec le Code civil, seul l’enfant né d’un père français est français à la naissance. En 1889, une loi réinstitue le droit du sol. En dépit des vicissitudes de l’histoire, ces deux dispositions restent toujours au fondement du droit français.
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Se battre pour la France

Les guerres sont l’occasion d’engagements pour les immigrés, étrangers et coloniaux. Dans la première moitié du XXe siècle, la France est à la fois puissance impériale et nation européenne en conflit avec ses voisins en Europe. Par deux fois, les guerres précipitent les mouvements de troupes au-delà du seul continent européen.
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Lutter pour l'égalité et la citoyenneté

Des engagements politiques anciens

D'un siècle à l'autre

En France, nationalité et citoyenneté sont liées, ce qui exclut les étrangers du droit de vote. Depuis le début des années 1980, la revendication de ce droit pour les étrangers aux élections locales est récurrente ; les ressortissants des pays de l’Union européenne en bénéficient depuis les années 1990. Les luttes pour la citoyenneté prennent aussi un sens plus large, mettant en jeu l’antiracisme et la défense des sans-papiers et rejoignant les mobilisations des « enfants de l’immigration » à partir des années 1980. Ces luttes, comme avant elles les grèves et manifestations populaires et les engagements dans les guerres, sont, à côté des sociabilités quotidiennes, un autre fondement de l’enracinement.
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