Ici et là-bas

Entre l’envie de reconstituer, ici, la vie de là-bas et le sentiment d’être en suspens entre deux mondes, les immigrés gardent des liens à la fois matériels et immatériels avec leur pays d’origine. Ces liens façonnent la nouvelle vie en France.

  • Un immigré malien, de retour de chez lui lit à sa mère, restée au village, une lettre de sa femme. Village de Diouncoulane, région de Kayes, 1994 © Patrick Zachmann/Magnum Photos/Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

  • Manifestation à Londres le 25 novembre 1998. Les familles des victimes du régime de Pinochet, attendent les décisions de la chambre des Lords concernant la possible inculpation d’Augusto Pinochet pour crime contre l’humanité © Sion Touhig/Sygma/Corbis

  • Fête de baptême malien à la Goutte d’Or, Paris, 1989 © Darryl Evans/Agence VU

  • Réunion, en 1935, d’une association de jeunesse polonaise à caractère religieux, fondée cinq ans auparavant à Montigny-en-Ostrevent © Centre Historique Minier du Nord-Pas-de-Calais à Lewarde

  • Une du quotidien Sing Tao Daily daté du 15 mai 2007. C’est l’un des premiers quotidiens chinois en Europe, où il est publié depuis 1975 © Musée national de l’histoire des cultures de l’immigration, CNHI.

Entre-soi

Microsociétés

Dans un premier temps, hier comme aujourd'hui, quelles que soient les conditions de vie, les immigrés cherchent à rejoindre des compatriotes et constituent avec eux des microsociétés. Cette force de l'entre-soi contribue parfois à alimenter stéréotypes et rejet dans la société française.
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Associations

Espaces de rencontres et de convivialité autour de valeurs partagées, voire revendiquées, les associations tiennent une grande place dans la vie des immigrés. On peut y perpétuer les traditions du pays d’origine et y célébrer celles du pays d’accueil.
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Journaux et revues

De nombreuses publications sont éditées en France par et pour les immigrés, dans leur langue, parfois dans celle du pays d’accueil. Bulletins et journaux donnent des nouvelles du pays et font l’objet de lectures collectives pour ceux qui ne peuvent pas lire. Les revues et œuvres littéraires, politiques et scientifiques, animent la vie culturelle des élites. La presse fait le lien non seulement entre la France et le pays d’émigration, mais aussi entre les groupes d’une même origine, dispersés de par le monde.
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Les liens entre ici et là-bas

Échanges et contacts

Pour faire face à la distance et à l’absence souvent douloureuse, les immigrés qui ont gardé des proches au pays maintiennent le plus souvent des liens avec eux. Dès avant 1914, un événement important peut être partagé par une lettre, voire une photographie. La banalisation du téléphone, puis des moyens de communication les plus modernes, réduisent l’éloignement, jusqu’à donner le sentiment d’une véritable présence, d’un bout du monde à l’autre.

Soutien au pays

La pratique des transferts financiers est depuis longtemps commune à des millions d’immigrés, de toutes origines. Le plus souvent, ces transferts servent à soutenir les proches restés au pays. Certains contribuent aussi au développement local par le biais de réseaux associatifs.

Va-et-vient et retours

L’immigration n’est pas une histoire figée. Elle s’accompagne, pour ceux qui le peuvent, de mouvements fréquents entre la France et le pays d’origine. Dans certains cas, le retour des immigrés au pays peut devenir définitif : fin du régime d’oppression pour des exilés, volonté de participer à la renaissance du pays d’origine, promesse de travail ou nostalgie.
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Lutter pour son pays

Exilés

Une partie des exilés poursuit en France le combat impossible au pays. Les insurgés polonais, les Russes blancs, les antifascistes italiens, les antinazis allemands, les Républicains espagnols, les dissidents portugais ou les réfugiés latino-américains trouvent ici le lieu d’un exil militant. • Fuoriusciti italiens • Réfugiés allemands • Les Latino-américains

Combats de libération nationale

Dans l’entre-deux-guerres, les ouvriers et intellectuels venus des colonies trouvent en métropole un espace publique favorable à la création de mouvements nationalistes. Se croisent alors à Paris les futurs dirigeants des indépendances. • Anticolonialistes et communistes • Algériens
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