Religions

La religion constitue, pour bien des immigrés, un élément fort d’identité culturelle. Dès le XIXe siècle, la pratique des religions tend à séparer les étrangers des Français et de leurs compatriotes déjà installés. Les immigrés catholiques (majoritaires jusqu’en 1960), protestants ou juifs, sont désapprouvés pour leur foi trop ostentatoire et leurs habitudes trop communautaires. Car, si tous ne croient pas, beaucoup apprécient le réconfort de pratiques liées à la culture d’origine. Les relations sont parfois tendues entre les prêtres étrangers qui accompagnent les nouveaux venus et les autorités religieuses locales. Mais ces dernières savent aussi se montrer présentes dans le soutien aux migrants. Avec l’islam, les Français découvrent une autre religion. L’arrivée des premiers musulmans remonte à la colonisation. Depuis 1945, l’islam s’est développé sous des formes multiples, liées à la mondialisation des origines. D’autres cultes, comme le bouddhisme ou les Églises évangélistes contribuent à faire de la France, qui reste attachée à la laïcité, un pays de diversité religieuse.

  • Le hadj et son élève, Marseille, 1980 © Yves Jeanmougin / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

  • Première communion dans un restaurant italien, au début du XXe siècle © La Collection

  • La synagogue de la rue Pavée. Paris, vers 1930 © Albert Harlingue / Roger-Viollet

  • Fête polonaise, Harnes (Pas-de-Calais) vers 1960 © Centre Historique Minier du Nord/Pas-de-Calais, Lewarde

À l'épreuve de la France laïque. Jusqu'en 1914

Les pratiques religieuses traditionnelles des immigrés catholiques et juifs contrastent avec celles de leurs coreligionnaires français et choquent souvent dans un monde ouvrier qui s’éloigne de la religion. Au contact de la France laïque, les pratiques des étrangers évoluent et un certain nombre d’entre eux abandonnent leur foi.
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Le compromis républicain 1914-1945

Les identités religieuses se diversifient avec l’origine des migrants. Les immigrés catholiques, Polonais et Italiens en tête, largement encadrés par leurs missions nationales, continuent d’amener des pratiques qui surprennent ou heurtent les Français. Mais la République laïque se fait moins militante. Les relations entre l’Église catholique de France et les missions étrangères s’institutionnalisent.
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La transition des Trente Glorieuses

Pendant les Trente Glorieuses, le catholicisme des immigrés continue de préserver les traditions nationales. Face à l’insuffisance des missions étrangères, notamment chez les Portugais, l’Église de France apporte désormais un soutien important aux migrants catholiques. Son aide s’étend progressivement à toutes les confessions. Les nouvelles vagues d’immigration favorisent le développement de l’islam en France. Jusqu’aux années 1960, religion minoritaire de travailleurs isolés, sa pratique est peu visible. Avec l’implantation durable de la communauté musulmane, la question des pratiques fait petit à petit son entrée dans l’espace public.
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La diversité religieuse. Depuis 1974

Aujourd’hui, après la religion catholique, l’islam est la deuxième religion de France, selon le nombre de croyants déclarés : des croyants aux pratiques et aux origines diverses, venus du Maghreb, d’Afrique noire, de Turquie ou du Moyen-Orient. Le bouddhisme s’installe en France dans les années 1970 avec les réfugiés d’Extrême-Orient. Les églises évangélistes venues du continent américain sont en plein essor. Mais une partie des migrants prend ses distances avec la religion, au contact d’une société plus individualiste et matérialiste.
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