Sportifs

Le sport en migration mêle champions et anonymes. Les étrangers pratiquent d'abord entre eux, pour affirmer une identité. Puis vient le temps de la rencontre avec le sport français, souvent fraternelle, parfois brutale. Les plus doués rêvent aussi de succès en tricolore. Mais la victoire porte parfois autant d'illusions que de certitudes.

  • Équipe des sans-papiers de Bobigny, mai 1998 © Francesco Gattoni/Rapho/Eyedea

  • Match de football au stade de la fosse 16 de Lens entre les équipes des fosses 13 et 16 de Lens, septembre 1954 © Centre Historique Minier du Nord/Pas-de-Calais, Lewarde

  • L'équipe de France de football, avant la demi-finale contre le Brésil en 1958. De gauche à droite Maryan Wisnieski, Just Fontaine, Raymond Kopa, Roger Piantoni et Jean Vincent © Keystone / Eyedea

Les jeux de l'entre soi

Dès la fin du XIXème siècle, le sport contribue à préserver l’identité culturelle et à renforcer les appartenances sociales, à travers la création de clubs autonomes. Cette organisation offre aux nouveaux venus un espace ludique et protégé, qui favorise les travails communautaires. Certaines pratiques portent en elles des revendications plus militantes : redresser les corps ployés par le travail, inverser la figure de l’immigré docile, s’endurcir pour les combats politiques ou sociaux.
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Rencontres

Jouer entre soi ne suffit pas. Pour progresser, il devient nécessaire de s’ouvrir aux équipes du pays d’accueil. La logique nationale cède le pas à l’ambition sportive, les rencontres se multiplient et nombre d’étrangers choisissent de pratiquer le sport aux côtés des Français. L’occasion de s’ouvrir à l’autre, de comprendre les règles du jeu social et de construire, sur le stade, une mémoire partagée. Pour les meilleurs, la réussite sportive va de pair avec une certaine ascension sociale. Mais toutes les rencontres ne sont pas fraternelles et les réussites s’avèrent souvent précaires.
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Le poids de l'histoire

Très tôt, les champions venus de l’étranger et de l’Empire ont contribué aux palmarès en tricolore. Victoires des pères devenus français, mais surtout victoires des fils, régulièrement transformés en porte-drapeau de la Nation et symboles de l’intégration. Les succès du stage témoignent, à leur manière, de l’enracinement. Mais les discours qui les portent n’échappent pas aux stéréotypes et aux illusions.
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