Carte d'identité d’Ettore Rossi, acrobate italien, 1928

Carte d'identité d’Ettore Rossi, acrobate italien. Emise par le service des étrangers en 1928, elle est valable un an © Coll. BHVP-Grob/Kharbine-Tapabor

Au XIXe siècle, le développement progressif des documents d’identité permet de contrôler et encadrer les catégories sociales considérées dangereuses : criminels, nomades et vagabonds se trouvent ainsi séparés du reste de la population par des "frontières de papier". À partir des années 1880, le renforcement de l’État-nation et la protection du marché du travail conduit à adopter des règlements plus contraignants pour les étrangers, qui doivent s’enregistrer auprès des mairies et disposer d’un certificat pour exercer un métier. 

L’introduction des méthodes de l’identification judiciaire et de l’anthropométrie va profondément transformer ces premières formes de contrôle. Appliquées d’abord aux criminels, elles sont étendues à l’enregistrement des tsiganes, avec l’instauration du carnet anthropométrique en 1912.

 La Première Guerre mondiale marque une rupture décisive. Les contrôles d’identité sont renforcés ; l’usage du passeport et des visas se généralise. À partir d’avril 1917, la nouvelle carte d’identité des étrangers reprend certains outils de l’identification judiciaire et de la mesure des corps, notamment à travers la photographie devenue obligatoire. Dans l’entre-deux-guerres, ce régime de contrôle qui encadre les hommes et leur travail, se renforce et touche près de dix millions de personnes. 

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