Abdeslam Lahbil

« Vivre en France, un rêve d’enfance qui a grandi en moi. » Haddou, fille Abdeslam Lahbil

Photographie de la famille à Casablanca, août 1975

Photographie de la famille à Casablanca, août 1975 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration.

Abdeslam Lahbil à Nancy

Abdeslam Lahbil (à gauche) à Nancy  © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration.

 

Il est né en 1935 à Oulad Saïd, au Maroc.

En 1969, laissant sa famille à Casablanca, Abdeslam s’installe dans l’Est de la France (successivement à Nancy et à Metz) où il est employé comme ouvrier dans le secteur du Bâtiment et Travaux Publics ainsi que pour la pause de voies de chemin de fer.

Contrat de travail pour travailleur étranger de l’entreprise Chanzy & Pardoux

Contrat de travail pour travailleur étranger de l’entreprise Chanzy & Pardoux (Metz). Décembre 1969 © Musée national de l'histoire et des culitures de l'immigration

Installé et décidé à faire sa vie en France, il envisage de faire venir sa famille dès 1975. Mais en 1976, Abdeslam est victime d’un accident de travail dont il succombera. Il est rapatrié huit jours plus tard à Casablanca pour son enterrement. Khenata, sa femme qui attend un enfant, et ses quatre filles se retrouvent désormais seules.

Pour les enfants, venir en France devient un rêve qui grandit avec eux. En 1998, après ses études, Haddou s’établit en France avec son frère et accomplit, en partie, le rêve de son père.

« Mon père, Abdeslam, pendant ses vacances est entouré de sa famille. Khenata ma mère porte dans ses bras, Jazia ma sœur. Devant Fatna, ma grand-mère, se tient mon cousin Abderahaim. Quant à moi je suis avec ma petite sœur, Malika. Il ne manque que ma grande sœur Fatima », Haddou, fille Abdeslam.

Quelques repères sur… l'immigration marocaine

Les premiers émigrants marocains gagnent la France au début du XXe siècle pour travailler dans la métallurgie et dans les mines. Les besoins de l’économie de guerre du premier conflit mondial amène la France métropolitaine à recruter ouvriers et soldats dans le nouveau protectorat (1912). Pendant l’entre-deux-guerres et malgré les interdits administratifs, une dynamique migratoire (essentiellement constituée d’hommes) se développe sur la base de réseaux de solidarité villageoise. Les années 1960-1970 (après l’indépendance de 1956) voient s’opérer une forte hausse de l’immigration marocaine (33 300 en 1962 ; 260 000 en 1975). Les villes deviennent un pôle important de départs alors que la part des régions rurales décroît régulièrement. Le regroupement familial prend également peu à peu le pas sur l’entrée de nouveaux travailleurs.