« Des bords de la Mer Noire et de la Castille, ils sont venus et moi leur fils, je suis français des bords de la Seine » Youri Alexandrovitch, fils d’Alexandre et de Maria
Il est né en 1896 à Nikolaïev, en Russie, sur les rives de la Mer Noire.
Dès le début de la Révolution bolchévique, il s’engage dans l’Armée blanche, comme ses quatre frères. En 1920, son régiment défait, Alexandre fuit la Russie. Il embarque pour Gallipoli, en Turquie, où il passe neuf mois dans un camp contrôlé par les Nations Alliées. Il est ensuite admis en Bulgarie dans un contingent d’ouvriers agriculteurs.
Sélectionné comme main d’œuvre par des recruteurs français, Alexandre arrive en France le 9 octobre 1926. Deux jours plus tard, il intègre une aciérie d’Ugines, en Savoie.
Musicien amateur, Alexandre joue du cor chromatique. Il a l’opportunité d’en faire son métier en 1928. Pendant près de deux ans, Alexandre suit les tournées de cirques prestigieux tels que Barnum, Hagenbeck ou Pinder.
Par la suite, il devient serveur dans plusieurs restaurants russes et maître d’hôtel dans des clubs privés de bridge parisiens. Il y rencontre une Espagnole, Maria Consuelo Aguado-Magaz, avec laquelle il se marie le 25 juillet 1931 et aura un fils, Youri.
Alexandre Tikhomiroff (en haut à gauche) travaillera de janvier à Octobre 1930 pour le cirque Hagenbeck : « Le moment qu’il aimait le plus était celui de la parade quand il y participait. Quelques musiciens, des clowns et des animaux traversaient la ville dans un cortège fastueux. Il parcourait la France mais c’était le seul moment où il voyait villes et bourgs du haut de son char décoré », Youri Alexandrovitch.
Elle naît en 1903 dans le village d’Oliégo (Castille), en Espagne. Les habitants du village étant expropriés en raison de l’édification d’un barrage, Maria décide en 1920 de quitter l’Espagne et de tenter sa chance à Toulouse où réside déjà sa sœur. Elle bénéficie alors d’un certificat d’aptitude du maire du village spécifiant que Maria n’est ni handicapée mentale et n’exerce pas la mendicité.
Dès la fin du XIXe siècle, une petite communauté d’aristocrates et d’intellectuels russes est installée en France. Dans les années 1920 un million et demi de « Russes blancs » quittent la Russie. Politique avant tout, cette émigration est également déterminée par les bouleversements économiques consécutifs à la Première Guerre mondiale et à la guerre civile. 400 000 personnes gagnent la France, chassées de leurs premiers pays d'accueil, notamment l’Allemagne et la Turquie. Les officiers issus de la noblesse ou les soldats d'origine paysanne constituent la part la plus importante de la population émigrée. Ils sont bientôt rejoints par des intellectuels et des scientifiques expulsés par le pouvoir soviétique ou volontairement exilés.
Presse
Mécénat
Marchés publics
Location d'espaces
Tous droits réservés. © Établissement public du Palais de la Porte Dorée, Cité nationale de l'histoire de l'immigration, 2012
