Luigi Cavanna

« Mon père n’aimait pas beaucoup se raconter. Mais de temps en temps, quand il se laissait aller, il me disait. On ne sait jamais pourquoi ça venait dans la conversation. Enfin bref, par recoupements, j’ai pu retracer toute son histoire. » François Cavanna, fils de Luigi.

Luigi Cavanna

Luigi Cavanna © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Il est né en 1880 à Bettola, commune de la province de Plaisance, en Italie.

Issu d’une famille d’ouvriers agricoles, Luigi vient une première fois en France en 1912 à la recherche d’un travail. Il trouve alors des emplois de maçon sur différents chantiers et s’installe à Nogent-sur-Marne.
Au cours de la Première Guerre mondiale, Luigi doit intégrer les rangs de l’armée italienne. À l’issue du conflit, il revient à Nogent-sur-Marne.
Avec Marguerite Charvin, employée de maison, ils ont un fils, François, né le 22 février 1923 à Paris. En 1939, Luigi obtient la nationalité française.

François Cavanna publie en 1978, Les Ritals, livre autobiographique : « J'étais parti pour raconter les Ritals, je crois qu'en fin de compte j'ai surtout raconté papa (…) Papa est garçon, mais il est pas vraiment l’arpète. Il a plus l’âge. Les arpètes, il les engueule, oui, plus fort que les compagnons, même.

Petit compagnon, ça s’appelle, qu’il est. Ça veut dire qu’il se tape un boulot de compagnon et touche une paie de garçon » (François Cavanna, 1978, Les Ritals).

Lors de son mariage avec Luigi, Marguerite, Nivernaise, perd la nationalité française. Elle la retrouve le 25 octobre 1939, lorsque Luigi est naturalisé français.

La truelle de Luigi Cavanna

La truelle de Luigi Cavanna © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Quelques repères sur… l'immigration italienne

Présente dès le XIXe siècle, l’immigration italienne (venant surtout du Nord) répond alors aux besoins français de main-d’œuvre dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie. Pendant l’entre-deux-guerres, avec également la montée du fascisme en Italie, la population italienne devient la première nationalité étrangère en France (plus de 800 000 personnes en 1931), s’intégrant dans les réseaux de compatriotes déjà en place.