« Cette valise est pour moi l’objet qui traduit le mieux mon parcours personnel. Chargée de souvenirs et remplie d’espoirs, elle porte bien les rêves d’un chemin toujours à tracer, à la recherche de liberté, égalité, fraternité. » Manuel Valente Tavares
Il est né dans un village du nord du Portugal en 1950.
En 1970, refusant la dictature instaurée par Salazar et la guerre coloniale menée en Afrique, Manuel devient déserteur. Il rejoint d’abord une partie de sa famille émigrée au Brésil. Peu de temps après, il part s’installer au Chili durant les années de l’Unité populaire, sous Salvador Allende. Après le coup d’état du 11 septembre 1973 de Pinochet, Manuel cherche à rejoindre la France. En 1974, un visa de « court séjour » lui est délivré par l’Ambassade de France au Chili en attendant l’attribution par l’OFPRA de son statut de réfugié. Avec ce dernier, il obtient une carte de travail.
Pédopsychiatre, Manuel Valente Tavares est aussi un militant associatif et participe à de nombreuses actions pour la défense des droits des immigrés en France.
Cette valise à été initialement utilisée par Manuel Valente Tavares pour de nombreux voyages entre Paris et le Portugal. Portée à l’épaule à la façon des paysans portugais lorsqu’ils arrivent en France au cours de années 1960-1970, la valise devient un support emblématique à l’occasion des mobilisations pour l’abrogation des lois Pasqua-Debré (1997). Manuel est alors un des responsables du «Collectif portugais pour une pleine citoyenneté » créé en soutien aux « sans papiers » et en faveur du droit de vote des résidents étrangers. Le collectif portugais évoque la situation des migrants économiques et des réfugiés portugais des années 1960-1970, partis clandestinement « a salto » (en sautant, par-dessus les frontières).
Après sa médiatisation dans la presse écrite et dans les reportages télévisés, la valise de Manuel Valente Tavares apparaît également comme support pédagogique dans un manuel destiné aux élèves du secondaire traitant des débats sur la citoyenneté.
Si les Portugais arrivent en France dès la Première Guerre mondiale, leur présence reste modeste jusqu’aux années cinquante. Durant les « Trente Glorieuses », la France devient la première destination des émigrants portugais. C’est l’époque où la majorité des émigrants économiques et des exilés politiques partent clandestinement (« a salto ») car la dictature portugaise (1926-1974) restreint très fortement l’émigration légale. Ils sont ensuite régularisés en France. Depuis le recensement de 1975, les Portugais (750 000) deviennent la population étrangère la plus nombreuse en France. Ils doivent attendre 1992 pour la libre circulation des travailleurs et 2001 pour le droit de vote aux élections municipales.
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