Qu'est-ce que la migration saisonnière ?

Retour sur un phénomène ancien

Vendange dans le Beaujolais (Brouilly), France, 1969 © Henri Cartier Bresson/Magnum Photos

Vendange dans le Beaujolais (Brouilly), France, 1969 © Henri Cartier Bresson/Magnum Photos

Dès le milieu du XIXe siècle, des saisonniers originaires de pays voisins (Belgique, Allemagne, Suisse, Italie…) participaient aux travaux agricoles en France et dans quelques autres secteurs ayant des besoins temporaires de main-d'œuvre. Cette migration saisonnière a continué, mais les pays d'origine sont devenus plus lointains.
Aujourd'hui, les saisonniers, qui bénéficient d'un contrat de travail d’une durée inférieure à six mois, représentent un peu plus de 16 000 personnes par an (2005).

On observe cependant un certain ralentissement de l'augmentation du nombre de travailleurs saisonniers depuis que des instructions ministérielles ont demandé de favoriser l'emploi sur le marché du travail national avant de recourir à la main-d'œuvre étrangère.

Origine et répartition par secteur d’activité des saisonniers

Les saisonniers passent par les missions de l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations (Anaem) implantées dans les États avec lesquels la France a conclu des accords de main-d'œuvre : la Pologne (50 % des saisonniers), premier pays d'origine devant le Maroc (42 %) et, dans une faible mesure, la Tunisie (4 %). On note que 82 % des travailleurs polonais sont employés dans la récolte des fruits et légumes et aux vendanges. Environ la moitié des Marocains assure des travaux agricoles multiples et 30 % la récolte des fruits et légumes. Moins de 3 % des saisonniers occupent des activités dans l'industrie et le commerce, deux tiers d'entre eux travaillant dans l'hôtellerie et la restauration.

Répartition géographique des saisonniers

Environs de Nîmes, travailleurs marocains et espagnols dans les vergers du mas des Tuileries. 1981. Photographie de Jacques Windenberger © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Environs de Nîmes, travailleurs marocains et espagnols dans les vergers du mas des Tuileries. 1981. Photographie de Jacques Windenberger © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Un tiers des travailleurs saisonniers est employé dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont 24% dans les seules Bouches-du-Rhône. Viennent ensuite les régions Rhône-Alpes (12 %) et Midi-Pyrénées (11 %), qui recourent aux saisonniers durant les mois de mai à octobre.

Sources : Haut Conseil à l’intégration, Rapport statistique 2005 de l’Observatoire statistique de l’immigration et de l’intégration, janvier 2007, www.hci.gouv.fr.