Quelle place occupe la France sur la scène des migrations internationales ?

 

Mona Hatoum, Bukhara (red and white), 2008.

Mona Hatoum, Bukhara (red and white), 2008. Tapis en laine, 143 x 225 cm. Collection Musée national de l'histoire de l'immigration. Photo : Martin Argyroglo, Courtesy Galerie Chantal Crousel, Paris © ADAGP, Paris, 2011
 

Le nombre de migrants dans le monde est passé de 77 millions en 1965 à 214 millions en 2010 soit quelques 3,1 % de la population mondiale. Statistiquement le terrien préfère ses pantoufles ou ses babouches aux incertitudes de l’errance. En 2005, les migrants du Sud posaient leurs valises aussi bien dans un pays du Sud que dans un pays du Nord (respectivement 62 et 61 millions). La différence entre les deux hémisphères tient aux migrations Nord/Nord (53 millions) alors que les migrations Nord/Sud s’élèvent à 14 millions. Les migrants arrivés du Sud représentent 54 % des immigrés installés dans les pays du Nord. En revanche, sur les 15,4 millions de réfugiés dans le monde, 80 % trouvent refuge dans un pays du Sud, souvent un pays voisin du leur.

 

Parmi les pays de départ des migrants en 2 000 figuraient le Mexique (plus de 10 millions), l’Inde (9 millions), le Bengladesh (6,6), la Chine (5,8), le Royaume-Uni (4,2), l’Allemagne (4) ou les Philippines et le Pakistan (3,4 chacun).

La France dans la mondialisation des migrations

 

Départ 2003, de Taysir Batniji

Départ 2003 de Taysir Batniji. Vidéo 3,15 mn Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI © ADAGP, Paris 2011

En 2010, selon l’ONU, les pays qui accueillent le plus grand nombre de migrants internationaux sont les États-Unis (42,8 millions), la Fédération de Russie (12,3 millions ; une augmentation qui s’explique moins par des mouvements de populations que par le nouveau tracé des frontières), l’Allemagne (9,1millions), l’Arabie saoudite (7,3 millions), le Canada (7,2 millions), la France (6,7 millions)(1), le Royaume-Uni (6,5 millions), l’Espagne (6,4 millions), l’Inde (5,4 millions) et l’Ukraine (5,3 millions).

 

 

Proportionnellement à la population totale, le nombre d’étrangers représentait - toujours en 2010 et toujours selon la définition des Nations Unies - 11% de la population française. La France se situe devant l’Italie (7%), les Pays-Bas (10%) ou le Royaume-Uni (10%), mais derrière l’Allemagne (13%), les USA (13%), l’Espagne (14%) la Suède (14%), l’Autriche (16%), le Canada, (21%), la Suisse (23%) ou le Luxembourg (35%). Les pays du Golfe ou certains petits pays fiscalement attractif enregistrent des pourcentages d’immigrés dans leur population totale plus importants encore, ainsi : Singapour (41%), Macao (55%), le Koweït (69%), les Emirats arabes unis (70%), Monaco (72%) ou le Qatar (86 %).

Selon l’OCDE, l’immigration permanente (étudiants non compris) en France s’élevait en 2009 à 178 700 entrées. L’Allemagne enregistrait 197 500 entrées, l’Espagne (334 000), l’Italie (369 000), ou le Royaume-Uni (397 900). Comparé à sa population, ces entrées en France représentaient en 2009 moins de 0,3% de sa population totale (3 pour 1000). La moyenne pour les pays de l’OCDE s’établie à 0,67 %.

Mustapha Harzoune, 2012

1- L’ONU définie un immigré comme "une personne née dans un autre pays que celui où elle réside" ce qui inclut les Français nés hors de France et explique la différence avec les chiffres de l’INSEE. Selon la définition de l’Insee ("personne étrangère née à l’étranger"), la France compte 5,3 millions d’immigrés, soit 8,3% de sa population totale.