Qu’est ce qu’une politique de la diversité ?

 

Affiche éditée par Africagora © Médiathèque, Cité nationale de l'histoire de l'immigration/Africagora

Affiche éditée par Africagora © Médiathèque, Cité nationale de l'histoire de l'immigration/Africagora

Selon Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, une politique de la diversité vise à combattre "les conséquences sociales des discriminations, systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires, promouvoir des politiques urbaines qui permettent de réaliser la diversité sociale et de peuplement, inciter (…) les employeurs et (…) l'Etat à mettre en place des politiques de promotion de la diversité fondées sur l'obligation de résultat, limiter les mandats électoraux (…), soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l'égalité réelle et de la diversité" (Le Journal du Dimanche du 9 novembre 2008).

 

En janvier 2008, il a été envisagé d’inscrire le "respect de la diversité" dans le Préambule de la Constitution.

Diversité et principes républicains

Une politique de la diversité suppose deux nouveautés. En premier lieu, le recours à des statistiques ethniques qui feraient référence à l’origine culturelle, nationale ou religieuse des Français, ou, à tout le moins, à des statistiques permettant de mesurer ou de "calculer la diversité" et les discriminations dont elle serait victime. Seconde nouveauté : la mise en œuvre de politique de discriminations positives ou de "politiques d’action positive" (Institut Montaigne) ou "d’action positive à la française" (Pascal Blanchard, Lilian Thuram).

Saupoudrage politique

En politique les "Français issus de la diversité" n’occupent que des strapontins. A droite comme à gauche, ils parlent de "discriminations", de politiques d’"affichage", "d’alibi", d’ "hameçon" pour dénoncer les freins ou les blocages dont ils sont victimes. Selon un rapport du Haut Conseil à l’Intégration rédigé par l’universitaire Jean-François Amadieu, le nombre d’élus issus de l’immigration extra européenne est passé de 1 070 (3,18%) en 2001 à 2 343 en 2008 (6,68%). Deux tiers ont été élus sur des listes de gauche. Entre 2001 et 2008, le nombre de maires est passé de 1 sur près de 1000 maires à 4 en 2008. Le nombre d’adjoints est passé de 160 en 2001, soit 1,93% des 8 293 adjoints concernés à 495 en 2008 (5,16%). En 2010, 3 députés sur 577 campaient cette "diversité" à l’Assemblée nationale et 4 sénateurs sur 343 au Sénat.

Débats :

  • L’arbre de la diversité ne cacherait-il pas la forêt des inégalités socio-économiques ? Ainsi, pour Walter Benn Michaels, universitaire américain, mettre un peu plus de "Blacks" ou de "Beurs" parmi les riches ne réduira en rien les inégalités et les disparités dans l’accès à la santé, à la formation, à l’emploi, au logement…
  • La politique de la diversité ne masque-t-elle pas la question du recrutement des élites en France, la place des jeunes dans la société, le cumul des mandats en politique ou la représentativité des institutions nationales ?

Mustapha Harzoune, 2012