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Clandestins occupant l’église Saint-Bernard

Paris, 1996

Paris 1996, clandestins occupant l’église Saint-Bernard © Martine Franck/Magnum

Paris 1996, clandestins occupant l’église Saint-Bernard © Martine Franck/Magnum Photos


Collection numérique

Donateur/prêteur : Magnum Photos


Les sans-papiers

Dès 1973, la législation se fait de plus en plus restrictive dans l’octroie de titres de séjour aux étrangers afin de limiter les flux d’entrée. C’est l’époque des premiers "sans-papiers" c’est-à-dire des étrangers, sans titre de séjour régulier en France. En effet, il ne faut pas voir dans la naissance de l’expression "sans-papiers", au début des années 1970, l’apparition de nouveaux immigrés, s’affranchissant des lois. C’est, plutôt, l’évolution du cadre législatif qui rend les possibilités d’être en règle plus difficiles. Jusqu’à cette date, les étrangers se rendaient en France sans visa, et faisaient ensuite régulariser leur situation auprès de la préfecture. Les premiers sans-papiers à se mobiliser en 1973 sont d’ailleurs des étrangers, déjà présents en France, qui ne parviennent pas à faire renouveler leur titre de séjour en raison du durcissement de la législation à leur égard.

Sans droit de vote, puisqu’ils ne sont pas français, et sans ressource politique, si ce ne sont les réseaux de militants en exil, les sans-papiers ont peu de moyens pour se mobiliser. Certains d’entre-deux optent pour la grève de la faim afin d’attirer l’attention sur leur sort et la faiblesse de leurs ressources. Ils obtiennent le soutien de militants politiques de gauche ou d’organisations catholiques. Les premières grèves de la faim ont lieu en 1973, le mouvement est repris dans les années 1990 à l’annonce de nouvelles lois restrictives. En 1996, l’Eglise Saint Bernard, située dans le quartier de la Chapelle, à Paris (18ème) est occupée par des sans-papiers et évacuée par la police, au matin du 23 août 1996.

Les difficultés des procédures et leur complexification au cours des années, font que de nombreux étrangers sont, à un moment ou à un autre, porteurs d’un titre de séjour périmé ou invalide. Le combat des sans-papiers pour faire reconnaître leur droit continue. D’octobre 2010 à fin janvier 2011, le musée de l’histoire de l’immigration a été symboliquement occupé par un groupe de sans-papiers mobilisés.


Angéline Escafré-Dublet


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