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Les bûcherons et les charbonniers italiens

"Trajectoires migratoires dans l'économie forestière de montagne", Hommes & migrations n°1301, 2013

Hmmes et Migrations 1301 _ art forêt

Collection numérique

Donateur/prêteur : Collection de la médiathèque Abdelmalek Sayad


Dans le cadre des migrations économiques, les études sur la main-d’œuvre étrangère dans les exploitations forestières sont rares, pourtant les importants besoins en bois des industries (industrie du sciage et du papier notamment) ont donné lieu – depuis 1875 - à un phénomène migratoire important, provenant surtout du nord de l’Italie.

Entre 1901 et 1964 les Italiens ont été la première nationalité étrangère sur le territoire français, plus particulièrement dans les régions frontalières. Traditionnellement ils étaient employés dans les usines, dans le secteur du bâtiment, dans les mines et dans les travaux agricoles et sylvicoles.

Pour quelle raison alors les bucherons et charbonniers italiens sont-ils sous-représentés dans les études scientifiques ?

Le caractère saisonnier et souvent clandestin de ces migrations, le mode de vie semi-nomade exigé par le métier, l’exercice de cette profession dans le secret des forêts, loin des secteurs d’activité traditionnellement investis par les immigrés italiens l’ont rendue invisible dans l’imaginaire français. Par ailleurs, à cause de la dispersion des chantiers, des déplacements fréquents des chantiers et de la "culture du secret" entretenue par les bûcherons eux-mêmes, l’administration et les pouvoirs publics ont eu la plus grande difficulté à en suivre la trace. Ce n’est qu’à partir de l’après-guerre et de la création de l’Office national de l’immigration (ONI, devenu depuis 2009 Office français de l’immigration et de l’intégration, OFII), que la sélection et l’enregistrement des candidats italiens ont été effectifs.

L’article de Ph. Hanus retrace les réseaux migratoires dans les Alpes françaises, les circuits de recrutement organisés dans un premiers temps par les capi mastri (contremaîtres) qui engageaient les bûcherons dans leur région natale et encadraient les équipes, ainsi que leur évolution du statut de "prolétaires des forêts" à celui de chefs de leur propre entreprise, à partir des années 60.


Philippe Hanus, "Trajectoires migratoires dans l'économie forestière de montagne", Hommes & migrations, n°1301, 2013, pp.149-156.
Retrouvez l'intégralité de l'article sur le site de Revues.org

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