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Le camp de Rivesaltes et le musée mémorial

L’organisation des Journées du Patrimoine 2009 autour de Rivesaltes a comme objectif la mise en valeur des vestiges d’un camp où l’histoire de l’Europe résonne encore comme un écho des conflits majeurs que furent la Guerre d’Espagne, la Seconde Guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Ces différents conflits ont marqué l’histoire et la mémoire de l’immigration.

Camp de Rivesaltes © Elodie Montès - Conseil Général des Pyrénées-Orientales

Camp de Rivesaltes © Elodie Montès - Conseil Général des Pyrénées-Orientales

Les travaux de Serge Klarsfeld, écrivain, historien et avocat de la cause des déportés en France, et les actions de l’association “Fils et filles de déportés juifs de France” ont permis en 1994 d’ériger une stèle à la mémoire des juifs déportés de Rivesaltes à Auschwitz et une à la mémoire des Harkis en 1995. La circulation d’une pétition “Pour la mémoire vivante du camp de Rivesaltes” signée en 1997 par Simone Veil, Claude Simon, Edgar Morin suite à la destruction d’une partie des archives du camp permettent dès 1998 à Christian Bourquin président du Conseil Général Pyrénées-Orientales de s’opposer à la destruction du site et de réfléchir à un projet de valorisation patrimoniale.
Le 30 octobre 1999, une stèle à la mémoire des républicains espagnols est érigée ; en 2000, le site est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. En 2005, à l’occasion des Journées du Patrimoine, une partie du camp est ouverte au public. Progressivement, le projet se met en place, R. Badinter accepte d’en être le parrain et le 21 janvier 2009, l’architecte Rudy Ricciotti est missionné pour la réalisation du bâtiment qui devrait être livré en 2012.
Espace d’histoire et de mémoires à vocation éducative et culturelle, le Musée-Mémorial de Rivesaltes a été érigé par le Conseil Général des Pyrénées-Orientales. Son ambition est de dépasser les contingences mémorielles et communautaires, dans le respect des singularités de tous, de transcender la réflexion historique qu’engendre le lieu, de partager un savoir multiple comme un devoir civique dont le message est humaniste et universel.

Rappel historique

Le camp Joffre, dit Camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), occupe une place particulière dans les lieux d’internement de la Seconde guerre mondiale en France. Par son destin singulier, la durée de ses fonctions d’internement, l’ampleur des traces toujours inscrites dans le paysage, le camp de Rivesaltes constitue un véritable lieu de mémoire, où s’est écrite l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’immigration et de la guerre.

Camp de Rivesaltes © Elodie Montès - Conseil Général des Pyrénées-Orientales

Camp de Rivesaltes © Elodie Montès - Conseil Général des Pyrénées-Orientales

Au début de 1939, à la fin de la guerre civile espagnole, la chute de Barcelone provoque l’arrivée en France de plus de 450 000 réfugiés espagnols. Les autorités françaises, débordées, édifient à la hâte des camps, dits “de concentration” puis “d’internement”, sur les pages du Roussillon, à Argelès, au Barcarès, à Saint-Cyprien. Des dizaines de milliers de réfugiés espagnols, les combattants des Brigades internationales, s’entassent dans des camps dénués de tout : pas de baraques, ni de latrines, à peine de la nourriture. D’autres camps sont ouverts quelques semaines plus tard, pour rationaliser l’accueil mais l’hébergement reste extrêmement précaire.
En 1940, après la défaite et l’installation du gouvernement de Vichy, le système d’internement change de nature. Les Juifs étrangers peuvent désormais être internés sur simple décision préfectorale. Les Espagnols sont mobilisés dans les Groupements de travailleurs étrangers. C’est dans ce cadre qu’ils participent, en 1940, à l’aménagement du camp de Rivesaltes, destiné à accueillir des familles. Le 14 janvier 1941, le camp devient officiellement le Centre d’hébergement de Rivesaltes. Vichy y interne massivement des Espagnols, des juifs et aussi des Tziganes, sédentarisés de force.
Pendant l’été 1942, la mise en œuvre de la Solution finale change à nouveau la vocation de Rivesaltes. Le 5 septembre, une partie du camp devient Centre national de Rassemblement des Israélites. Tous les juifs étrangers arrêtés en zone sud y sont rassemblés, avant de partir le plus souvent pour Drancy, avant la déportation vers les camps de l’Est. En novembre, la zone libre envahie, les troupes allemandes s’installent à Rivesaltes. Elles quittent le camp en août 1944 ; le centre d’hébergement est fermé en novembre.
Camp de Rivesaltes © Elodie Montès - Conseil Général des Pyrénées-Orientales

Camp de Rivesaltes © Elodie Montès - Conseil Général des Pyrénées-Orientales

La vie du camp de Rivesaltes ne s’arrête pas à la Libération. En 1944, la partie militaire retrouve sa vocation initiale. L’autre partie devient, jusqu’en 1946 devient un dépôt de prisonniers de guerre, avant de retrouver aussi, deux ans plus tard, sa vocation militaire.
Pendant la guerre d’Algérie, l’État envisage à nouveau d’utiliser Rivesaltes pour l’internement. Le projet ne va pas à son terme, mais un centre pénitentiaire s’y installe pendant quelques semaines, en mars-avril 1962. La quasi-totalité des prisonniers sont alors des Algériens engagés dans la lutte pour l’indépendance. En octobre 1962, des “harkis” et leurs familles – près de 8000 personnes au total – séjournent à leur tour à Rivesaltes. Dans les années qui suivent, près 20 000 personnes vont passer dans les baraques, souvent pour un séjour très court, sans compter d’autres supplétifs coloniaux comme les 600 Guinéens, anciens militaires français, qui y séjournent de 1964 à 1966.
Peu à peu, les baraques tombent en ruines. Les hébergés sont relogés dans d’autres cités ; les dernières familles quittent Rivesaltes en février 1977. De 1986 à 2007 enfin, Rivesaltes devient l’un des principaux centres de rétention administrative en France, où sont regroupés les étrangers en situation irrégulière.

À écouter, en partenariat avec l'Epra

Camp de Rivesaltes : une histoire d’hommes et de femmes

Rivesaltes, c'est une petite ville et un camp. Un camp de regroupement dans le sud de la France qui, après avoir “accueilli” les Espagnols fuyant le franquisme, reste célèbre pour avoir parqué les harkis, au moment de leur venue en France après les accords d'Évian. Fatima Bescani-Lancou était enfant quand, en 1962, avec ses parents, elle a débarqué dans cette petite commune des Pyrénées-Orientales.
JL. Rioual / J. Chambon, Radio Oxygène
En partenariat avec l'Epra


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Podcast

Programmation

  • Organisation : Conseil Général des Pyrénées-Orientales
  • Samedi 19 septembre 2009
    Lieu-Accès : Musée-mémorial de Rivesaltes, îlot F
    Nature et horaires des manifestations :
    14h00 : Conférence “A l’origine du camp d’internement : un camp militaire, le camp Joffre”
    16h00 : Lecture “Quand il pleut, on voudrait pouvoir pleurer”
    18h00 : Musique “Cat’Brass”
    20h00 : Théâtre / temoignage “Dale Recuerdos – Je pense à vous”
    21h30 : Cinéma “Un 14 juillet 1939”, (26 minutes), 1985, Irène Ténèze et rencontre avec la réalisatrice ; “Les amandiers de l’histoire”, (65 minutes) 2004, Jaco Bidermann et Valentin Lagarde et rencontre avec le réalisateur
    Contact : 04 68 80 13 00 / memorialrivesaltes@cg66.fr
  • Dimanche 20 septembre 2009
    Lieu-Accès : Musée-mémorial de Rivesaltes, îlot F
    Nature et horaire des manifestations :
    11h00 : Conférence “Parcours d’enfants juifs pendant la guerre : Rivesaltes, Izieu, Auschwitz”
    14h00 : Lecture “Quand il pleut, on voudrait pouvoir pleurer”
    16h00 : Lecture partagée entre Teresa Rebull et Danielle Catala
    Contact : 04 68 80 13 00 / memorialrivesaltes@cg66.fr
  • Samedi 19 et Dimanche 20 septembre 2009
    Lieu-Accès : Musée-mémorial de Rivesaltes, îlot F
    Nature des manifestations :
    Expositions :
    • Teresa Rebull - Peintures : nouvelles œuvres de Teresa, inspirées par les Journées du Patrimoine 2007 sur le camp de Rivesaltes
    • Républicains d’Espagne : l’Exil en héritage – Dessins et photographies Josep Bartoli (1910-1996), dessins de guerre et de Résistance, Georges Bartoli, Le raid de la mémoire : photographies des Chemins de la Retirada
    • Nicole Bergé / La Cimade - “Corps et âmes” - Photographies Le camp de Sainte-Livrade-sur-Lot – Centre d’accueil des Français d’Indochine (CAFI)
  • Gérard Cambon – “Commémoration des Républicains espagnols sur la plage d’Argelès, à l’emplacement du camp” - Photographie panoramique
    Rencontres d’auteurs : avec la Librairie Torcatis
    Visites guidées : Le service éducatif présente le camp de Rivesaltes sous ses différents aspects : contexte historique (Guerre d’Espagne, Seconde Guerre mondiale, Guerre d’Algérie…), organisation du camp, populations internées (Espagnols, Juifs, Tziganes, Harkis…), conditions d’internement, œuvres de secours…
    Contacts : 04 68 80 13 00 / memorialrivesaltes@cg66.fr
  • Comment s’y rendre ?
    De Perpignan, prendre la direction A9 Narbonne.
    Avant le péage, direction Espace entreprises méditerranée, Opoul, Tautavel.
    Suivre la route d’Opoul “Site du Musée Mémorial Camp de Rivesaltes”
    Pour les personnes ne disposant pas de moyen de locomotion, mise à disposition de navettes gratuites entre Perpignan, Place Catalogne (Fnac), et le camp de Rivesaltes :
    • Samedi : 2 navettes
      • Départ de Perpignan à 13h00 et retour à 17h30
      • Départ de Perpignan à 18h00 et retour à 23h00
    • Dimanche : 1 navette
      • Départ de Perpignan à 10h30 et retour à 17h30
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