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Puisque nous sommes nés

Film franco-brésilien de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana
Puisque nous sommes nés
Caractéristique de l’immensité brésilienne, une station-service au carrefour de nulle part. Plus précisément dans l’état de Pernambouc (Nordeste), proche du village de Sao Caetano. À peine à l’écart de la circulation et de son vacarme, l’aire de repos est un lieu de vie et de survie, d’approvisionnement, d’échanges et de rencontres. Cocada (14 ans) et Nego (13 ans) sont deux adolescents parmi des dizaines d’autres...
Caractéristique de l’immensité brésilienne, une station-service au carrefour de nulle part. Plus précisément dans l’état de Pernambouc (Nordeste), proche du village de Sao Caetano. À peine à l’écart de la circulation et de son vacarme, l’aire de repos est un lieu de vie et de survie, d’approvisionnement, d’échanges et de rencontres. Cocada (14 ans) et Nego (13 ans) sont deux adolescents parmi des dizaines d’autres, attirés par les lumières et le mouvement, petits débrouillards, témoins et parfois victimes d’un quotidien redoutable, mais sachant aussi en tirer profit, et malgré l’adversité, porteurs d’un rêve et d’une indomptable utopie. Il faut se cramponner pour garder sa place dans la cohue des petits porteurs poussant les brouettes à provisions des ménagères de retour du marché. Il faut faire preuve d’astuce et d’opiniâtreté pour arracher une ristourne aux vendeurs comme aux acheteurs de brocante, aux artisans comme aux touristes. Il faut savoir payer d’un service un casse-croûte, une boisson, une friandise. Il faut surtout avoir l’âme forte et le cœur bien accroché pour résister, pour éviter les dérives, les magouilles avilissantes, les vols en escalades, les deals et toutes les embrouilles avec les toxicos, la consommation à outrance de drogues ou d’alcools, ou tout simplement les spectacles du quotidien, la violence permanente faite aux animaux, battus, décharnés, dévorés de vermine, les travaux exténuants réservés aux plus pauvres piétinant la boue pour confectionner des briques, les jeux dangereux, couchés au bord de la chaussée face aux mastodontes lancés à grande vitesse…. Cocada n’a plus ni toit, ni famille ; il dort dans la cabine d’un camion, il s’est choisi un père de substitution en la personne de Mineiro, un chauffeur routier qu’il admire et dont il veut apprendre la profession. À l’inverse, son copain Négo vit dans une favela, au sein d’une innombrable fratrie dont il souhaiterait s’émanciper. Leurs projets d’avenir se rejoignent au-delà d’un présent dont ils mesurent tous les périls. Les écrans de la télévision publique qui, tout au long du film transmettent les échos de la campagne électorale de Lulla, donnent quelque crédit à la croyance d’un avenir meilleur. Les auteurs de ce film roboratif, sans angélisme ni voyeurisme et loin de tout exposé complaisant des violences cariocas, nous présentent des raisons de ne pas désespérer. Séduit par leur obstination à aller de l’avant, Djamel Debouze a décidé de donner un coup de pouce (et de projecteur) à Cocada et à Nego dans leur route libératrice vers Sao Paulo. Il a bien fait. André Videau
Réalisé par Jean-Pierre Duret et Andrea Santana Film franco-brésilien Genre : Documentaire Durée : 1h30 min Année de production : 2008 Date de sortie : 4 février 2009 Distribué par Pierre Grise Distribution
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