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Comment évaluer l’immigration légale en France ?

Pour évaluer l’immigration légale en France, il faut progresser dans le maquis des sources fournies par l’OFII (à partir des visites médicales), le ministère de l’Intérieur (titres de séjours), les calculs de l’INED ou de l’INSEE et des définitions nombreuses qui distinguent les migrants "permanents" des "temporaires", les étudiants étrangers des autres migrants, les étrangers originaires de l’UE des étrangers issus des pays tiers, les types de visas attribués… Les données changent selon les méthodes et les critères retenus.
Ainsi en 2008, le nombre d’étrangers entrés sur le territoire national s’établissait selon l’Ined à 211 055, pour l’OFII il était de 197 942 et pour le ministère de 183 893.

 

Barthélémy Toguo, Carte de séjour (tampon), 2010, Sculpture en bois, 24 x 46 x 26 cm. Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration.

Barthélémy Toguo, Carte de séjour (tampon), 2010, Sculpture en bois, 24 x 46 x 26 cm. Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration © ADAGP, Paris 2011

 

Globalement et selon les différentes méthodes retenues, l’immigration légale a augmenté depuis le mitan de la décennie 90 (105 986 en 1996, source Ined) jusqu’en 2004/2005 (217 284 en 2005 selon l’Ined) pour ensuite se stabiliser autour de 180 000 à 200 000 entrées par an selon les sources soit environ 0,3% de la population totale.
En 2008, l’immigration en provenance du Maghreb constituait 26,5% des flux (42,9% pour l’ensemble de l’Afrique). En 2010 selon l’OFII, l’immigration familiale représentait 41,4% des motifs d’entrée (44,37% selon le ministère de l’Intérieur). Les membres de familles de Français (conjoints de Français ou parents d’enfants français) forment 63,7% de cette immigration familiale. Ces conjoints, au nombre de 39 710 personnes (dont 58,2% sont des femmes), sont, pour 23,9% d’origine algérienne, pour 22,8% Marocains, pour 11,3% Tunisiens.

Pour Michèle Tribalat, le contrôle des flux migratoires échapperait aux autorités du fait d’un "auto engendrement" de l’immigration familiale. Pourtant cette immigration répond au droit français et européen. Elle est le reflet de l’importance des flux migratoires passés et traduit aussi l’histoire des liens tissés entre la France et d’autres pays, comme elle pourrait aussi correspondre à une adaptation aux durcissement des conditions d’entrée en France.

Solde migratoire

En matière migratoire, il importe d’apprécier la différence entre les entrées et les départs des étrangers autrement dit le solde migratoire. Il n’existe pas en France de statistiques officielles permettant de mesurer le nombre exact des sorties. Pour autant, selon les estimations de l’Insee, entre 1980 et 2010, le solde migratoire était en moyenne de 65 000 par an, soit un millième de la population totale de la France. Faut-il considérer l’installation d’1 étranger pour 1000 habitants en France comme une menace et une arrivée massive ?
Selon l’historien Gérard Noiriel, "plus de la moitié des étrangers qui ont séjourné sur le territoire français ont fini par retourner dans leur pays ou ont émigré ailleurs" (cf. Immigration, antisémitisme et racisme en France. XIXe-XXe siècles. Discours publics, humiliations privées, p.527, Hachette Pluriel, 2009). D’ailleurs, selon l’OCDE 40% des migrants retournent chez eux dans les cinq ans qui suivent leur arrivée. Si les migrations restent en partie des migrations de peuplement, elles se prêtent aussi à la libre circulation, devenant ainsi des migrations "circulatoires".

Mustapha Harzoune, 2012

Histoire de l'immigration

Voir aussi sur notre site :

Ressources bibliographiques pour aller plus loin :

  • Comité interministériel de contrôle de l'immigration (CICI), Les orientations de la politique de l'immigration et de l'intégration - Rapports annuels au Parlement (disponible en ligne)


 

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