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Reconstruction et modernisation

En 1945, l’État prend le relais du patronat ; il organise l’immigration de la main d’œuvre étrangère avec l’Office National d’Immigration (ONI) et signe de nouveaux accords bilatéraux (Italie, Espagne, Portugal…). Parallèlement, les travailleurs algériens arrivent en métropole librement en tant que ressortissants français jusqu’en 1962. Durant les « Trente Glorieuses » (1945-1975), années de forte croissance marquées par le développement de la consommation, des secteurs comme le bâtiment et l’automobile connaissent, rapidement et durablement, de forts besoins en main-d’œuvre peu qualifiée. Algériens, Portugais, Marocains deviennent alors les figures emblématiques du travailleur immigré.

49, 6 % des travailleurs immigrés sont manœuvres et OS (ouvriers spécialisés) en 1975

Chaîne de montage, usine Renault de Flins 1975 © Berretty/Rapho/Eyedea

Chaîne de montage, usine Renault de Flins 1975 © Berretty/Rapho/Eyedea

145 900 Marocains travaillent en France en 1975, dont un quart dans l'agriculture. Ils étaient 6 388 vingt ans plus tôt

France 1969, vendanges près de Cercié-en-Beaujolais (Rhône) © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

France 1969, vendanges près de Cercié-en-Beaujolais (Rhône) © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

347 725 travailleurs portugai sont recensés en France en 1975, près d'un tiers dans le bâtiment et les travaux publics (BTP)

France 1963. Travailleurs immigrés portugais travaillant sur un chantier © Paul Almasy/AKG-images/Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

France 1963. Travailleurs immigrés portugais travaillant sur un chantier © Paul Almasy/AKG-images/Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

"L’immigration nécessaire", L’Aube, 20 mars 1947

En novembre 1946, le plan de modernisation et d’équipement, dit «plan Monnet» du nom de son concepteur, organise la reconstruction de la France, avec l’appui de financements américains (plan Marshall). Pour atteindre les objectifs de ce plan, la France recourt à une main-d’œuvre étrangère et coloniale.

L’immigration nécessaire, L’Aube, 20 mars 1947

L’immigration nécessaire, L’Aube, 20 mars 1947

Repères chronologiques
1945 : Création de l’Office nationale d’Immigration (ONI) sous la tutelle du ministère du travail et de la Sécurité sociale.
1968 : Après les grèves de mai-juin 68, une loi autorise les étrangers à accéder aux fonctions de délégués syndicaux.
1968-72 : Les circulaires Maurice-Schumann et Marcellin-Fontanet marquent la fin des régularisations systématiques de travailleurs étrangers.
1972 : Les travailleurs étrangers sont désormais électeurs et éligibles aux fonctions de délégués du personnel et aux comités d’entreprises dans les mêmes conditions que les travailleurs français.
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