Vous êtes ici

L'État recruteur : 1914-1931

 

Ouvriers Tonkinois encadrés par des soldats français le 26 mai 1917

Ouvriers Tonkinois encadrés par des soldats français le 26 mai 1917 © Bibliothèque de documentation internationale contemporaine-MHC

Les bouleversements de la Première Guerre mondiale

Avec le déclenchement du premier conflit mondial, le rôle de l’État se transforme. Il faut recruter des soldats pour le front, des bras pour l’industrie et l’agriculture. Une nouvelle administration se met en place. Le contrôle des étrangers se renforce.

2 août 1914

Lors de la déclaration de guerre, les “ressortissants ennemis” doivent quitter la France ou se retirer en dehors des zones militaires, dans des dépôts spéciaux.

Carte d'identité d’Ettore Rossi, acrobate italien, 1928

1916

L’État intervient directement. Il recrute des ouvriers dans les pays alliés, neutres et coloniaux, pour remplacer les Français mobilisés. Tous sont dotés d’un contrat de travail et bénéficient de l’égalité des salaires.

Avril 1917

La carte d’identité de travailleur étranger devient obligatoire. Une création qui marque la volonté d’un contrôle accru des étrangers.

Les années 1920

Dans une France à reconstruire, démographiquement affaiblie, l’immigration s’avère plus que jamais nécessaire. L’État prend en charge le recrutement collectif avant de la partager avec le secteur privé. Les entrées passent aussi par des filières individuelles et clandestines, les pouvoirs publics régularisant après-coup. En revanche, l’État continue à assurer seul la surveillance des étrangers. Dans le même temps, arrivent des exilés et des réfugiés : certains bénéficient d’un statut adopté par la Société des Nations (SDN), ancêtre de l’ONU.

1919-1920

La France signe trois conventions avec la Pologne, l’Italie et la Tchécoslovaquie pour recruter des travailleurs. L’égalité de traitement avec les Français et le contrat de travail restent obligatoires.

11 décembre 1919

Ouverture du dépôt de Toul. Placé sous le contrôle de l’Etat, il accueille les travailleurs polonais puis tchécoslovaques, recrutés en vertu des conventions d’immigration. Vétuste et mal équipé, le centre effectue les démarches administratives et médicales indispensables avant l’admission définitive sur le territoire.

Avis aux employeurs de main-d'œuvre étrangère, Société Générale d'Immigration © Photothèque Centre Historique Minier du Nord Pas-de-Calais, Lewarde

Avis aux employeurs de main-d'œuvre étrangère, Société Générale d'Immigration © Photothèque Centre Historique Minier du Nord Pas-de-Calais, Lewarde

Laissez-passer permettant la venue en France d'une famille de réfugiés arméniens © Centre de recherche sur la diaspora arménienne

Laissez-passer permettant la venue en France d'une famille de réfugiés arméniens © Centre de recherche sur la diaspora arménienne

7 mai 1924

Le Comité central des Houillères de France et l’Office central de la main-d’œuvre agricole créent la Société Générale d’Immigration (SCI) pour rationaliser le recrutement et le rentabiliser. En principe, les pouvoirs publics assurent un contrôle à chaque étape ; dans les faits l’Etat laisse faire le secteur privé.

1924

Le statut Nansen, adopté par la SDN, garantit aux apatrides la protection du pays d’accueil. Le passeport du même nom sert de document d’identité et permet de recevoir des secours. Les réfugiés arméniens et une partie des réfugiés russes en bénéficient dès sa création.

Passeport Nansen de la princesse Vera Mestchersky © Dépôt de Pierre Mestchersky

Passeport Nansen de la princesse Vera Mestchersky © Dépôt de Pierre Mestchersky

1920-1929

La carte d’identité subit de nombreuses modifications. Les étrangers restent astreints à la déclaration de résidence.

Déclaration de résidence (en éxécution de la loi du 8 août 1893) de Sébastien Aniorte dans la commune de Saint-Etienne en 1923 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1084

Déclaration de résidence (en éxécution de la loi du 8 août 1893) de Sébastien Aniorte dans la commune de Saint-Etienne en 1923 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1084

Déclaration de résidence (en éxécution de la loi du 8 août 1893) d’Isabelle Antraccoli dans la commune de Saint-Etienne en 1928 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1024

Déclaration de résidence (en éxécution de la loi du 8 août 1893) d’Isabelle Antraccoli dans la commune de Saint-Etienne en 1928 © Archives départementales de la Loire série M, dossier 1024

Haut de page