Entre-deux-guerres

La "zone"

La crise du logement relègue sur les marges de l’espace construit les couches les plus pauvres de la population des villes françaises. Dans l’entre-deux-guerres, les migrants venus d’Europe et déjà d’Algérie y sont de plus en plus nombreux. La "zone", qui entoure Paris sur le tracé des anciennes fortifications, donne son nom à ces paysages de baraques réalisées avec des matériaux de fortune, de bus ou wagons reconvertis. Ils préfigurent les futurs bidonvilles.

Les baraques de la Mouche-Gerland à Lyon, habitées par des familles françaises, italiennes et espagnoles, 1929-1936 © Album du dispensaire La Mouche-Gerland / Le temps qu’il fait

Les baraques de la Mouche-Gerland à Lyon, habitées par des familles françaises, italiennes et espagnoles, 1929-1936 © Album du dispensaire La Mouche-Gerland / Le temps qu’il fait

Construire sa maison

Après quelques années, des étrangers cherchent à s’installer avec leur famille. Comme beaucoup d’ouvriers français qui ne trouvent pas à se loger, ils construisent eux-mêmes leur maison, en banlieue, sur des terrains bon marché. Certaines nationalités, comme les Italiens, utilisent leur savoir-faire dans le bâtiment. Mais les conditions de vie des lotissements mal viabilisés restent longtemps sommaires.

Immigrés russes construisant leur maison, La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), 1932 © Collection A. Korliakov

Immigrés russes construisant leur maison, La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), 1932 © Collection A. Korliakov

Logement patronal

L’essentiel de l’hébergement ouvrier est alors assuré par le patronat (33 500 logements ouvriers contre 6 000 logements HBM en 1929). Certains travailleurs étrangers et leur famille sont ainsi installés dans des cités ouvrières, de la mine ou de la sidérurgie, dans des conditions de confort plutôt élevées pour l’époque. Parfois ce sont de simples baraquements. Après 1945, avec le début des politiques publiques, l’effort patronal en matière de logement fléchit.

Des enfants de mineurs polonais défilent à l’occasion de la fête des mères, dans le quartier de corons où leur famille est installée depuis la fin des années 1920. Marles-les-Mines (Nord), (c. 1950) © Collection Edouard Fiba

Des enfants de mineurs polonais défilent à l’occasion de la fête des mères, dans le quartier de corons où leur famille est installée depuis la fin des années 1920. Marles-les-Mines (Nord), (c. 1950) © Collection Edouard Fiba

Baraquements ouvriers en bois de la Cité Bogros à Messeix-les-Mines (près de Clermont-Ferrand) à la fin des années 1920. © Archives municipales Meisseix-les-Mines

Baraquements ouvriers en bois de la Cité Bogros à Messeix-les-Mines (près de Clermont-Ferrand) à la fin des années 1920. Avec l’arrivée massive de travailleurs polonais dans la décennie suivante, ils seront remplacés par des habitations en briques © Archives municipales Meisseix-les-Mines

M. Fiba, mineur polonais aujourd’hui retraité, devant sa maison, à Marles-les-Mines (Nord), où il habite depuis plus de cinquante ans, 2005 © Xavier Baudoin / atelier du Bruit

M. Fiba, mineur polonais aujourd’hui retraité, devant sa maison, à Marles-les-Mines (Nord), où il habite depuis plus de cinquante ans, 2005 © Xavier Baudoin / atelier du Bruit