Trente Glorieuses

Après la guerre, la nouveauté est l’intervention massive de l’État pour résoudre la crise du logement. Des grands ensembles modernes surgissent dans les banlieues. Les immigrés, qui les construisent, n’y ont pas accès. Comme par le passé, ils s’entassent dans des meubles sordides, mais surtout dans des bidonvilles où des milliers de travailleurs, algériens, portugais ou autres, vivent avec leur famille. Pour les résorber, une politique publique s’engage dès la guerre d’Algérie. Elle s’achève au milieu des années 1970.

Bidonvilles

 

La destruction du bidonville de Colombes, en banlieue parisienne, octobre 1967 © F. Gaillardot / Adoma

La destruction du bidonville de Colombes, en banlieue parisienne, octobre 1967 © F. Gaillardot / Adoma

 

France-soir, numéro du 29 octobre 1957 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

France-soir, numéro du 29 octobre 1957 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

Le mot bidonville est venu d’Afrique du Nord où il désigne les ensembles de baraques autour de Casablanca ou d’Alger. Au départ, il est associé aux travailleurs immigrés d’Algérie en métropole. La presse contribue à stigmatiser ces lieux de vie comme l’espace d’action du Front de Libération Nationale (FLN).

 

 

Foyers Sonacotra

 

Registre du foyer de l’Avenue du Parc à Argenteuil, premier foyer de la Sonacotral ouvert en 1959 © Adoma

Registre du foyer de l’Avenue du Parc à Argenteuil, premier foyer de la Sonacotral ouvert en 1959 © Adoma

La Sonacotral est créée en 1956 pour reloger les travailleurs algériens et leur famille. C’est le point de départ d’une politique de construction de foyers-hôtels, cadre de vie d’un nombre croissant de travailleurs isolés de toutes nationalités. La réglementation intérieure y est très stricte et les conditions matérielles se détériorent rapidement. Un mouvement de grèves de loyer se propage à partir de 1970 et va durer plus d’une décennie.

 

 

Carte postale du foyer de l’Avenue du Parc d’Argenteuil, série produite par la Sonacotra dans les années 1970 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

Carte postale du foyer de l’Avenue du Parc d’Argenteuil, série produite par la Sonacotra dans les années 1970 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

 

 

Cartes d’identification des résidents d’un foyer Sonacotra de Vaulx-en-Velin (banlieue lyonnaise), 1992 © Olivier Pasquiers / Le Bar Floréal / Adoma

Cartes d’identification des résidents d’un foyer Sonacotra de Vaulx-en-Velin (banlieue lyonnaise), 1992 © Olivier Pasquiers / Le Bar Floréal / Adoma

 

La Cité des Canibouts

 

Nanterre, le bidonville des Pâquerettes en cours de démolition. À l’arrière-plan, la construction de la Cité des Canibouts (entre 1959 et 1961) © H. Guérard / Adoma

Nanterre, le bidonville des Pâquerettes en cours de démolition. À l’arrière-plan, la construction de la Cité des Canibouts (entre 1959 et 1961) © H. Guérard / Adoma

 

La cité des Canibouts, construite par une filiale de la Sonacotral à Nanterre, constitue une première expérience pour reloger les familles immigrées des bidonvilles. Par peur du ghetto, on limite à 15% la part d’étrangers dans les ensembles HLM. À l’ouverture, en 1963, les logements des Canibouts sont attribués en majorité à des familles métropolitaines ou rapatriées.