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L'immigré, figure sociale de la modernisation 1945-1974

Pendant les Trente Glorieuses l’immigré émerge comme une nouvelle figure sociale, homme à tout faire de la croissance. Un travailleur qui est censé repartir. L’écart se creuse avec la classe ouvrière française qui accède au confort de masse. Dans l’opinion, l’indifférence l’emporte à nouveau. L’immigré doit se montrer utile, mais demeurer invisible. La décolonisation pèse aussi sur les représentations. La guerre d’Algérie a laissé des traces ; l’Algérien apparaît comme une figure négative de l’immigré, méprisé et suspecté. Une minorité de Français choisit la solidarité, révoltée par les conditions faites aux étrangers et le retour des violences racistes au début des années 1970.

Un nouveau regard sur l'immigration

Reportages, enquêtes et photographies accompagnent l’arrivée massive d’immigrés et contribuent à une prise de conscience progressive de l’opinion. Les codes visuels se mettent en place atour de trois figures majeures : la photographie d’arrivée, le reportage dans les bidonvilles et la silhouette de l’homme au travail.

Immigrés portugais à leur arrivée en France © Eyedea Rapho

Immigrés portugais à leur arrivée en France © Eyedea Rapho

Famille d’immigrés portugais dans le bidonville de Champigny-sur-Marne en 1964 © Gérald Bloncourt / Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Famille d’immigrés portugais dans le bidonville de Champigny-sur-Marne en 1964 © Gérald Bloncourt / Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

L’Algérien en négatif

La guerre d’indépendance et ses développements en France aggrave le rejet des migrants algériens. Leurs représentations empruntent nombre des stéréotypes qui stigmatisaient les Italiens à la fin du XIXe siècle : un monde à part, violent, inassimilable.

Membres d'une famille d'immigrés Nord-Africains dans son logement de la Cité Dupont, à Paris, en 1963 © Eyedea/Keystone France

Membres d'une famille d'immigrés Nord-Africains dans son logement de la Cité Dupont, à Paris, en 1963 © Eyedea/Keystone France

Paris-Match, 20 juin 1955 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

Paris-Match, 20 juin 1955 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

Les années de luttes

Mai 1968 ressemble à juin 1936 : un climat de fraternité, même si la vie des immigrés change peu. La solidarité se prolongera après les journées de mai autour de deux combats : refus des expulsions, luttes antiracistes en réaction à la montée de la violence contre les travailleurs immigrés.

Illustration anonyme pour une affiche produite en 1974 par un collectif de mouvements et d’organes de presse de gauche © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Illustration anonyme pour une affiche produite fin 1973 par un collectif de mouvements et d’organes de presse de gauche : Politique Hebdo, Témoignage Chrétien, Rouge, PSU, Vie Nouvelle, Révolution, CERES, AMR, Lutte Ouvrière, Révolution Afrique, GRS… © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Affiche non datée (1970-1979), "Non ! aux expulsions ! des immigrés", éditée par un collectif de 29 associations © Collection Génériques

Affiche non datée (1970-1979), "Non ! aux expulsions ! des immigrés", éditée par un collectif de 29 associations © Collection Génériques

"L'étranger conforme"

L'Enragé, 8 juillet 1968 © Musée National de l’histoire et des cultures de l’immigration

L'Enragé, 8 juillet 1968 © Musée National de l’histoire et des cultures de l’immigration

Il parodie la croix de Lorraine gaulliste, symbolise le retour à l'ordre après la fin des événements de mai 1968.
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