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Le temps des indésirables 1931-1944

La crise et le raidissement xénophobe

Avec la crise mondiale, qui touche la France en 1931, la xénophobie se durcit. Les thématiques d'extrême droite se généralisent, dans une véritable clameur nationaliste. La crise est d'abord économique. Commerçants, artisans et professions libérales accusent les étrangers de concurrence déloyale et mènent une campagne virulente pour obtenir la protection de la loi.

Manifestation xénophobe d’étudiants parisiens devant la faculté de médecine, 1er février 1935 © Roger-Viollet

Manifestation xénophobe d’étudiants parisiens devant la faculté de médecine, 1er février 1935 © Roger-Viollet

L’accession de Hitler au pouvoir
À partir de 1933, l’arrivée de réfugiés antinazis suscite un élan de solidarité dans l’opinion, appuyé par la gauche et les associations de défense des droits de l’Homme.

Le Témoin, 20 mai 1934, “Achetez français mais d'abord Créez français et pour cela Pensez français!” © Collection Kharbine-Tapabor

Le Témoin, 20 mai 1934, “Achetez français mais d'abord Créez français et pour cela Pensez français!” © Collection Kharbine-Tapabor

Tract de soutien aux juifs, rue des rosiers, Paris 1933 © Musée national de l’histoire et des cutltures de l’immigration, CNHI

Tract de soutien aux juifs, rue des rosiers, Paris 1933 © Musée national de l’histoire et des cutltures de l’immigration, CNHI

À la veille de la guerre, les étrangers "indésirables" font figure de boucs émissaires, dans un climat marqué par la violence politique et l’afflux de nouveaux réfugiés antinazis et de républicains espagnols.

À partir de l’accession de Hitler au pouvoir (1933), l’arrivée de réfugiés antinazis suscite un élan de solidarité dans l’opinion, appuyé par la gauche et les associations de défense des droits de l’Homme.
Carte postale éditée par le Secours Rouge International, 1935 : “Contre le Fascisme pour le soutient des victimes de la terreur hitlérienne ! (...)"  © Collection KHARBINE-TAPABOR

Carte postale éditée par le Secours Rouge International, 1935 : “Contre le Fascisme pour le soutient des victimes de la terreur hitlérienne ! 5 militants révolutionnaires faussement accusés de l'incendie du Reichstag , provocation d'Hitler sont emprisonnés et menacés de pendaison. Sauvons-les ! De nombreux réfugiés allemands en France sont sans ressources, Secourons-les !” © Collection KHARBINE-TAPABOR

Le Front populaire constitue un répit. Dans les défilés et les usines occupées du printemps 1936, sur les routes des congés payés, Français et immigrés apprennent à se connaître. La fraternité paraît l’emporter mais, à droite, la xénophobie et l’antisémitisme se renforcent.

Délégation nord-africaine, manifestation du 14 juillet 1936. © Roger-Viollet

Délégation nord-africaine, manifestation du 14 juillet 1936. © Roger-Viollet

Détective, n°500, 26 mai 1938 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

Détective, n°500, 26 mai 1938 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

Gringoire, Illustration de Roger Roy, 10 septembre 1937 : “Après celles de 1804, 1805, 1870, 1914, ... l'invasion de 1937” © Collection Kharbine-Tapabor

Gringoire, Illustration de Roger Roy, 10 septembre 1937 : “Après celles de 1804, 1805, 1870, 1914, ... l'invasion de 1937” © Collection Kharbine-Tapabor

Fin de la guerre d'Espagne. Exode des Républicains passant la frontière française, février 1939 © Gaston Paris / Roger-Viollet

Fin de la guerre d'Espagne. Exode des Républicains passant la frontière française, février 1939 © Gaston Paris / Roger-Viollet

Répression et solidarités pendant l’Occupation

« Types de juifs ». Photographie prise au camp d’internement de Drancy le 10 septembre 1941. © Coll. Musée de la Résistance Nationale - Champigny-sur-Marne

« Types de juifs ». Photographie prise au camp d’internement de Drancy le 10 septembre 1941. Cliché réalisé sous l’occupation par un photographe du journal de collaboration Le Matin. Un tampon mentionne au verso que la publication de cette photographie est autorisée par les autorités allemandes © Coll. Musée de la Résistance Nationale - Champigny-sur-Marne

Après la défaite de juin 1940, la répression du régime de Vichy contre les étrangers "indésirables" et les juifs, français et immigrés, ne suscite d’abord que de l’indifférence, dans une opinion abasourdie. À partir de 1942, après les premières rafles et les déportations, des protestations s’élèvent. Petit à petit, des réseaux de solidarité et de résistance s’organisent.

L’exposition « Le Juif et la France »
En 1941, à Paris, elle reprend tous les thèmes de l’antisémitisme moderne qui font des juifs des étrangers, quelle que soit leur nationalité. On comptera au total 200 000 visiteurs.

Exposition Le Juif et la France au palais Berlitz, septembre 1941. Propagande antisémite pendant la 2e Guerre mondiale © Collection KHARBINE-TAPABOR

Exposition Le Juif et la France au palais Berlitz, septembre 1941. Propagande antisémite pendant la 2e Guerre mondiale © Collection KHARBINE-TAPABOR

Tract du Centre d’action et de défense des immigrés, août 1944 © Coll. Musée de la Résistance Nationale - Champigny-sur-Marne

Tract du Centre d’action et de défense des immigrés, août 1944 © Coll. Musée de la Résistance Nationale - Champigny-sur-Marne

Les combats de la Libération
Des étrangers et des Français luttent côte à côte. Le CADI, fondé par le Parti communiste au printemps 1944, cherche à regrouper tous les résistants étrangers sous son autorité. Appel au devoir, obligations répétées, références patriotiques : le CADI annonce une après-guerre très nationaliste.

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